mardi 8 décembre 2009

Auprès de ma mère...

*air connu*
"Auprès de ma mère,
Qu'il fait bon, fait bon, fait bon,
Auprès de ma mère,
Qu'il fait bon grandir !"
Bon, ok, on va oublier les centimètres pour grandir, mais mon moi profond le fait lui.
Samedi, enfin, j'ai osé parler à ma mère de cette situation qui me bouffe le cœur depuis si longtemps.
Elle était seule à la maison, alors j'en ai profité. Je lui ai demandé de s'asseoir...
Moi : "Maman, j'ai quelque chose à te dire de très important. quelque chose qui va transformer ma vie et dont tu n'es absolument pas responsable. D'abord il faut que tu saches que je t'aime, même si je ne te le dis jamais. C'est très important. Et quoi que je fasse aujourd'hui, cet état de fait ne changera pas. Il faut que tu saches que je vais bien, même mieux que jamais car j'ai toujours le nœud de ma dépression"
Elle : "C'est vrai qu'il y a longtemps, beaucoup trop longtemps que tu ne vas pas bien."
Moi : "Je vais enfin te dire pourquoi je dois voir un psychiatre. Celui-ci confirme que je suis réfléchi et bien dans ma tête. Ce que j'ai à te dire est très dur. D'ailleurs, je sens déjà que je vais pleurer"
Je me ressaisis, ce n'est pas encore le moment, je ne me souviens plus exactement des mots, bien sûr, mais cela donnait à peu près ça.
Moi : "Il faut que tu saches que je n'ai jamais été à l'aise avec mon identité, même si j'ai fait des efforts ces derniers temps pour vivre en tant que femme. Au fond de moi, je suis un garçon, et j'ai décidé à présent de vivre pleinement cette identité. Je sais que ça peut être difficile à concevoir, mais c'est ce qui sera le mieux pour moi. Il faut que tu le saches car je ne peux plus faire semblant, mais j'ai tellement peur de te perdre que je n'ai jamais osé en parler avant."
Un moment de silence, bref, mais qui me semble interminable.
Elle :"J'avais deux fils et une fille, maintenant j'ai trois garçons."
Je vous épargne la suite de l'entretien. Elle l'a pris de façon sublime, simple et naturelle. J'ai pleuré dans ses bras J'ai enfin pu lui dire à quel point je l'aimais, à quel point point elle était importante pour moi. La seule chose qui l'a inquiétée fut de savoir comment avait réagi mon compagnon. Elle a été soulagée d'apprendre qu'il l'acceptait parfaitement.
Je ne peux pas encore mesurer le soulagement ressenti et plus encore la force qu'elle m'a donné pour continuer mon parcours. C'est à ce moment précis que je me suis senti légitime et fier de qui je suis. J'ai le sentiment que ce 5 décembre est une date primordiale, comme si elle représentait vraiment le début de tout.
Je sais que j'ai de la chance, énormément de chance,et je souhaite la même chose à quiconque. J'espère que mon témoignage pourra donner le courage à d'autres de faire ce que moi je regrette d'avoir si tard.

lundi 30 novembre 2009

Et si...

Et si tout se faisait simplement.
On dirait que je faisais ma transition et pis que les gens se diraient juste "oh tiens ? Elle est devenuE Il" sans aucune question et révélation fracassante.
Ce serait bien.
Je crois que si je liste le nombre de personnes à qui je dois le dire, je me pends.
Je n'ai pas envie d'avouer ce qui n'est pas à avouer.
Je n'ai pas envie de devoir justifier mes choix à tout va.
Je n'ai plus envie de flipper à cause de tout cela et que ça prenne la place de réflexions à propos de mon parcours.

jeudi 26 novembre 2009

[&] Le 11 et la loi des séries

Puisque le "11" a été évoqué dans le message précédent je continue sur la lancée.
Après les coming-out effectués ces trois derniers jours auprès de ma famille et de quelques amis, cela amène au nombre de 11 les connaissances au courant de notre situation (je dis bien connaissances, le psy' compte pas).
Mais qu'observe-t-on aussi avec le chiffre 11 ? Eh bien qu'il est effectivement fascinant. En effet, le 11 en binaire (classique) signifie dans tout autre langage (hexa', octal, ou décimal) 3, et, donc, le système binaire fait qu'un et un ne font pas deux mais trois, et j'y trouve une analogie assez amusante entre le cadre hétérosexué binaire de notre société et l'existence pourtant d'un troisième sexe, dont la définition ne se fait - du fait de ce cadre - que par rapport aux deux "1" que sont l'homme et la femme classiques.
On retient donc que 1 & 1 = 3
Et ça, j'aime bien.
Bref, là n'est pas le propos.
Je vais revenir, encore une fois, sur le coming-out de ces derniers jours, plus pour laisser une trace sur ce blog commun que pour le plaisir de me répéter.
Mon frère, mon père & ma mère, ma sœur ont été mis au courant. De même qu'un coreligionnaire estudiantin de mes amis, une amie récente et pourtant si importante, et une amie de longue date.
La compréhension a été beaucoup plus facile - plus que ça, elle a été naturelle - pour les amis que pour la famille.
L'acceptation n'est pas un problème en soi, mais la compréhension, et donc l'acceptation du discours en est un. On nage donc souvent dans des discussions épistémologistes et linguistiques puisque l'acceptation n'est pas une étape à franchir. Et parfois c'est dur, relativement s'entend, puisque l'on se rend compte alors du ressenti des autres, de l'importance qu'ils accordent à l'interaction, et le refus de toute décision unilatérale. On n'a pas le "droit" d'annoncer quelque chose et de demander d'être accepté sans conditions : étant accepté d'office, on est tenu de justifier nos choix, de prouver qu'ils sont conscients, libres, réfléchis. Bref.
Tout cela pour dire qu'au-delà de ses considérations, tout s'est bien passé, ma sœur plus prédisposée à éprouver de l'incompréhension, si ce n'est une certaine forme de rejet, est finalement celle qui a réagi avec le plus de simplicité, d'écoute et d'attention. Et cela me réjouit de savoir que ma sœur est bien ce que j'en avais gardé comme image : quelqu'un qui sous ses airs de personne influençable par la pensée mainstream est finalement celle qui est la plus ouverte et capable d'évolution. Je ne dis pas cela pour dénigrer le reste de ma famille, qui a toutes les qualités que j'attends d'eux, mais pour rendre hommage à ma sœur dont la réaction a plu à ma sensibilité (tout comme les réactions des autres ont plu à d'autres aspects de ma personnalité, mais qui n'étaient pas les plus stimulés à ce moment précis : celui de faire découvrir des choses inconnues pour mon frère, celui de discuter de l'importance des mots et du dialogue avec mon père, et celui de partager inquiétudes et craintes avec ma mère).
Je crois qu'à ce point de la note je suis devenu incompréhensible, je me rends compte que je suis en train d'écrire plus pour vider un sac trop rempli par des pensées antiques que pour narrer des faits de la semaine.
Si je devais donc conclure pour éviter de m'égarer plus longtemps, je dirais donc que ces coming-out successifs ont été bénéfiques pour tous deux dans la mesure où ils nous ont conforté dans l'acceptation que l'on attendait de nos proches (même s'il en manque), et d'un point de vue personnel ils m'ont permis de parler sans mentir à des personnes connaissant K., d'utiliser les bons prénoms à son égard, de cesser pour un temps la schizophrénie chronique entre la sphère conjugale et les relations extérieures.
Bref, je me sens plus entier, parce que plus assumé, plus vrai en somme.

jeudi 19 novembre 2009

Et de onze !

Onze.
Non ce n'est pas le nombre de rendez-vous psy, de mois de réflexion ou de mégots dans mon cendrier.
Le onze est un nombre qui me fascine depuis toujours alors j'extrapole autour.
Un nombre palindrome, bien symétrique, ou légèrement déviant selon la graphie.
Pourtant je suis 10 !
Dys...phorique
Dys...lexique
Di...vergent
Di...fférent
La semaine prochaine, ma moitié dira à ses parents que je suis trans.
De mon côté, je ne veux plus attendre. Ma mère, mon père, mon frère aîné doivent savoir.
Je flippe, je flippe comme jamais. J'ai l'impression que l'épreuve qui m'attend est la plus lourde que j'aurais à affronter. Je n'ose même pas me dire que je suis loin du compte !
La chirurgie ne me fait pas peur, si ce n'est en terme de résultat. Mon corps est une prison de douleur depuis toujours alors la convalescence, je m'en fiche.
Je ne sais pas si je serai en mesure de tenir mon engagement d'un an de réflexion. Cela me mènerait jusque juillet 2010, et je veux que ma torsoplastie se fasse symboliquement en 2011.
Si je fais effectivement mon stage chez mon (adorable) frère, il y a des chances que j'entame l'hormonothérapie un peu plus tôt si possible. Tant pis pour la soutenance de mémoire avec la voix qui mue. J'aime le onze mais il me faudra au moins douze pour avoir mon année.
Dix, douze... jamais de onze dans ma vie. Mais je suis ce onze, ce XX bancal et atypique.
Je veux arborer fièrement ma masculinité, pour être moi-même et enfin vivre.
J'ai vu un reportage sur une trans partagée entre les deux genres et qui disait à peu près : "A force de vivre entre deux vies, on ne vit qu'une moitié de vie."
Cette phrase a fait tilt et m'a fait pleurer, trop vraie et donc trop dure à entendre.
Enfin, j'ai réussi à craquer ce soir et a pleuré. Bon sang, ça fait du bien !
On met les choses à plat, et hop ! on repart.
C'est tellement dur de pleurer pour moi à présent, comme si j'avais déjà commencé la THS. Bizarre. Peut-être mon corps commence t-il tout seul ?

lundi 16 novembre 2009

De la représentation de soi

Han ! Matez mon titre pompeux ! ^^
Depuis toujours je dessine -ahem !- je gribouille. J'ai toujours eu beaucoup de mal à me représenter alors que cela arrive souvent, par exemple, pour raconter une anecdote, pour laisser un mot à un proche, pour faire rire mes camarades de classe, puis de promo.
Cette vision de moi a toujours été floue.
Il y a quelques jours, j'ai cherché à me dessiner pour un hypothétique projet de blog bédé, me représenter en tant qu'homme sans prendre en compte mon apparence actuelle.
Pif paf pouf, en trois traits, j'étais croqué.
Encore une fois, j'ai le sentiment que des indices subtils sont là pour me guider... si seulement je pouvais être fan de foot et de F1, ce serait plus simple !
Je plaisante, je plaisante... mais parfois, c'est difficile de se situer quand l'homme que l'on est n'est pas conforme aux modèles de la société.

samedi 31 octobre 2009

Réponses aux questions I

Allez hop ! Je réponds à mon propre questionnaire :)
Aspects physiques :
- Ce que j'aime chez moi :

Je ne pense pas être trop moche mais justement, je centrerai mes atouts sur mon visage, mes yeux, ma bouche par exemple, bien que pas masculins pour deux sous.
- Ce que je n'aime pas chez moi :
Ma taille. Cela me pose problème chaque jour, j'ai du mal à encaisser mon mètre soixante et un. Je sais que je n'ai pas à me plaindre mais voilà, ça me gène. Mes hanches sont un cauchemar, trop larges, ierk ! Ma poitrine aussi, j'ai l'impression de ne jamais savoir où la foutre en fait, comme si c'était un truc en trop un peu encombrant et surtout difforme/distendu par rapport à ce qui devrait être
- La mastectomie ? oui ou non, attentes et craintes
Je l'envisage pour le moment, voire l'attend avec impatience, mais j'ai peur d'être déçu du résultat, ou que ça n'ôte en rien la forme féminine de mon corps (notamment mes hanches)
- Les hormones ? Oui ou non, attentes et craintes
Envisagées aussi. Notamment pour la voix, la prise de muscle même minime, histoire de gommer la forme féminine et également la répartition des graisses. Après, je m'en fiche d'être imberbe, ce n'est pas une attente. Quant à l'acné qui peut survenir, m'en fiche, ça fait dix ans que je vos déjà avec ^^

- Phallo ou méta ? Oui ou non, attentes et craintes

Pour le moment non, déjà parce que l'opé me fait peur et aussi parce que je n'en ressens pas le besoin viscéral. J'ai la curiosité d'avoir un sexe masculin bien sûr, mais j'ai le sentiment que pour le moment, ça me plairait juste de voir ce que ça fait, pas de prendre de gros risques pour en avoir un à vie.
- Ma taille en tant que garçon ? je gère ou pas ?
Cela risque d'être un problème. Dans mon idéal futur, je me verrais bien faire une opé des jambes pour gagner quelques centimètres. Je préfère me dire qu'avec les hormones, je m'assumerai mieux et qui sait ? Je prendrai peut-être quelques centimètres vu que j'ai un gros retard de croissance XD (on peut rêver) Ayant longtemps eu une taille trop petite pour mon âge, la taille reste un complexe que je tente de palier à l'aide de chaussures à talons ou à grosses semelles. (Le comble étant que tous mes amis sont plus grands que moi, qu'ils soient homme ou femme -_-)
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect physique)
Là, en ce moment, cette réflexion est centrale pour moi. Je me dis que je devrais tenter le coup une fois de plus. Essayer de vivre en tant que femme au look classique et non gothique comme jusqu'à aujourd'hui. C'est le côté irréversible de la transition qui me fait peur, sinon, j'aurai déjà essayé. Pour le moment, je tente de vivre en tant qu'homme mais ayant une crédibilité zéro, j'en souffre énormément et je me dis que je devrais peut-être me contenter d'une crédibilité sur mon genre apparent, même si elle ne me convient qu'à moitié, que d'une crédibilité en tant qu'homme si ma transition n'est pas convaincante. C'est binaire comme vision, je le sais, mais j'ai du mal à m'en détacher pour le moment.
Aspects sociaux :
- Comment est-ce que je visualise ma position d'homme dans la société ?
Assez floue pour le moment. Dans mon idéal, je me dis qu'être en accord avec mon corps me permettra de renouer avec la vie sociale, ce qui n'est pas le cas pour le moment.
- Comment envisage-je mes relations à autrui dans l'avenir ? Mes proches actuels, les rencontres à venir
J'ai l'impression que cela me permettra des rencontres plus faciles avec les gens, mais que cela risque d'être complexe avec les anciennes connaissances. D'une autre côté, cela fera le tri entre mes vrais amis et les autres. J'espère donc que mes relations seront plus franches et plus sincères puisque je cesserai de vivre dans le mensonge.
- Comment me visualise-je dans le monde du travail ? et dans la sphère privée (amis, couple, famille)
Dans le travail, j'ai le sentiment peut-être con qu'être un homme me donnera plus de crédibilité. Il y a par exemple longtemps que j'ai opté pour un pseudo masculin dans le monde de l'écriture. J'ai aussi le sentiment qu'être un homme me donnera une force supplémentaire pour faire mon trou et trouver du travail.
Dans la sphère privée, les appréhensions sont multiples. J'ai peur qu'en devenant physiquement un homme, je ne plaise plus à mon compagnon et qu'il me quitte alors que j'aie le sentiment que je me positionnerai mieux dans mon couple, que je serai plus serein.
Pour la famille, j'ai parfois le sentiment que je souhaite me dégager de la pression de fonder une famille, d'être mère, en voulant changer de sexe. Je n'ai pas encore de réponse précise à cela mais c'est une piste que je dois explorer.
Pour les amis, je me vois davantage libéré de mes chaînes et plus aptes à prendre des initiatives de sortie ou autre, plus détendu et plus apte à les aider en cas de problème.
- Suis-je prêt à me battre avec une guichetière de la poste ou un contrôleur de train ?
Il faudra bien. Je vois que je peux péter les plombs quand on me donne du madame mais si je dois lutter pour prouver mon identité avec des papiers qui ne correspondent pas, je pense que je serai en mesure de garder mon calme et d'expliquer, quitte à me balader avec des vieux papiers avec une tête bien féminine. Mon prénom étant mixte, cela risque d'être une très grande aide.
Aspects psychologiques :
- Pourquoi ne me sens-je pas femme ? Me sens-je donc homme par opposition ou est-ce différent ?
Il y a longtemps que je rêve d'être un homme, généralement lors de sortie entre amis, de concert, à la fac, au lycée. Est-ce pour être quelqu'un d'autre car je ne me sens pas bien dans ma peau ? Peut-être, nouvelle piste à creuser. Quand je me présente en tant que femme, j'ai l'impression d'être déguisé et de jouer un rôle. J visualise peut-être le rôle social de l'homme de façon idéalisé mais le fait est que j'ai toujours eu plus de compréhension et d'empathie pour les hommes que les femmes.
- Suis-je prêt à assumer les conséquences d'une transition ? D'un point de vue social, d'un point de vue personnel
J'ai peur de ne pas supporter de voir mon corps changer. C'est comme une seconde adolescence où c'est déjà compliqué de ne plus être pareil. Dans ma puberté de fille, j'ai eu un déni des changements : règles, poitrine. Je ne me rendais pas compte de ce qui se passait, je ne m'apercevais même pas d'être réglée (faut le faire !) Je crains que cette redécouverte de mon corps se passe mal, que je me sente monstrueux dans la période hybride homme/femme et que cela ne fasse qu'aggraver ma dépression et mon mal-être. Forcément, si je me sens mal, cela aura des répercussions sociales et j'ai peur de tourner autiste total une fois de plus, ce qui serait handicapant dans ma vie professionnelle et amicale

- Fais-je ce choix car je n'ai eu que l'influence de mes frères ? (pas de sœur)

Je me suis longtemps posé cette question. J'étais un garçon manqué et j'étais ami avec les potes de mon frère. Ma mère n'étant pas très féminine, je me suis dit que mon choix venait peut-être de là. Néanmoins, depuis la primaire j'ai toujours eu des copines, plus ou moins féminines donc j'ai tout de même eu une influence de ce côté. Mes modèles virtuels (chanteur, acteur etc.) n'ont jamais été des femmes, sauf peut-être Mylène Farmer qui clame être un garçon, ou Poppy Z. Brite qui dit être un homme gay dans un corps de femme XD
- Est-ce pour mieux assumer mon fond de misogynie ?
Oui, j'ai honte, je suis un tantinet misogyne : les femmes au volant, les femmes écrivains sont mauvaises, les profs femmes sont nulles et ne connaissent pas leur travail. Peut-être est-ce une façon pour moi de rejeter ma féminité ? Elles deviennent un bouc émissaire ? Jai en parallèle le sentiment qu'en tant qu'homme, j'aurai un regard différent sur les femmes : plus posé et plus juste.
- Est-ce pour me réinventer une nouvelle vie pour évincer l'actuelle faite de regrets, de problèmes et de deuils bien trop nombreux ?
La question qui tue et qui est centrale. N'est-ce pas une fuite en avant ? Je n'ai pas encore de réponses cependant. J'attends de faire le deuil de certains et que d'autres situations s'arrangent pour pouvoir me positionner.
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect psycho)
Pour le moment ? C'est le flou. Il y a quinze jours, j'aurai dit non sans hésiter mais là je ne sais plus. Je suis en mode bulle depuis une semaine et donc dans cette bulle rien ne doit changer. D'un autre côté, j'ai le sentiment qu'une transition serait pour moi le moyen d'éclater cette bulle pour de bon.

- Et aussi est ce que je suis capable de m'assumer avec un corps différent, avec des cicatrices et un micro pénis ?

La bonne blague est que j'ai déjà un corps différent. J'ai une maladie articulaire survenant par crise et pouvant parfois m'immobiliser totalement. Ce corps prison, n'est-ce pas lui que je veux fuir ? Peut-être qu'en l'adaptant à mon ressenti, je pourrai mieux l'assumer, même si ce n'est pas un corps d'homme parfait, je n'ai déjà pas un corps d'humain parfait.
- Est ce que je suis capable de m'enfoncer une aiguille de 4cm dans la cuisse deux fois par mois ? Ou panser les plaies de mon opération ?
Panser les plaies, oui. J'en ai l'habitude et j'ai déjà soigné des plaies énormes et bien dégueu. Les seringues par contre, c'est autre chose. J'ose espérer qu'on s'y habitue avec le temps mais de base, j'ai été longtemps suivi par une phobie des piqûres. Ayant dû subir de multiples examens, cela s'est un peu tassé mais de là à me piquer moi-même, il y a de la marge. D'un autre côté, ma mère a été aide soignante, elle pourra sans doute m'aider au début (mouais, si elle accepte la transition ^^')

Des questions copiées collées du forum vert et que je trouve pertinentes, remaniées un peu pour être adaptées à mon cas :

-Est-ce que je ne cherche pas à devenir un homme physiquement à cause de mon père qui est un con fini pour que ma mère soit plus heureuse ?
LA question piège. Mon père a été absent de toute éducation, néanmoins, quand il a fait une grave dépression il venait me chercher en pleine nuit pour que je l'empêche de se suicider (j'avais treize ou quatorze ans) Il a trompé ouvertement ma mère, avec une fille de mon âge. Là, j'avoue, un psychanalyste se ferait un plaisir de me coller dix ans de suivi. Le truc, c'est que ma mère est pour moi un refuge où je vais quand je me sens mal. Nous sommes très proches et on se dit presque tout. Pour une présence mâle, elle a déjà mes deux frères, donc je ne pense pas m'ajouter, au contraire, j'appréhende de faire disparaître sa seule fille et c'est l'un des points qui m'empêchent d'entamer les démarches tout de suite.
-Est-ce que je me suis fixé ce but simplement pour en avoir un ? Pour ne pas subir à nouveau l'angoisse que j'ai ressentie quelques années plus tôt, face à l'absence d'un quelconque objectif dans ma vie ?
C'est possible et ça fait peur. J'arrive à la fin de mes études, à la fin (normalement d'un procès qui me bouffe depuis deux ans. Peut-être ai-je le besoin de me créer un nouvel obstacle pour me pousser en avant et fuir le vide criant d'absurdité de nos existences. D'un autre côté, j'ai de grands projets littéraires à mener à bien et ce sont déjà de longs buts à atteindre.

-Est-ce que c'est une simple question d'égo; est-ce que je désire quitter ce corps de femme uniquement pour une raison d'esthétique ?

J'avoue préférer la beauté masculine à la beauté féminine, en général. Mais l'égo se placerait moins dans le physique que dans le mental, encore, une fois de plus, de ce vieux fond de misogynie. Peut-être accorde-je plus de valeur à un homme qu'à une femme d'où mon désir de changer. Cette façon de penser me répugne mais il faut que j'arrive à trouver pourquoi cette misogynie avant d'avoir la réponse aux autres questions de ce type.
En général :
Mes appréhensions, mes attentes sur ma vie future

Tout se qui se passe en moi en ce moment me fait totalement flipper. Je suis en stress constant et je me sens épuisé. J'aimerais pouvoir faire un break, d'autant plus que la fac et mon boulot parallèle ne sont pas de tout repos.
Je me dis que je veux fuir cette vie en faisant une transition, que c'est une forme de lâcheté. Ce que j'attends, c'est simplement d'être heureux mais j'ai tellement peur de me planter que je ne sais plus que faire. Vais-je assumer une nouvelle identité d'homme plutôt gay avec les discriminations que cela comprend ? Est-ce que je ne veux pas faire la transition pour suivre un nouveau modèle ? Vais-je vouloir être conforme au "modèle gay" que l'on peut rencontrer ? J'en sais rien, je flippe. Je veux juste réapprendre à aimer mon corps, mais ne l'envisage pas sans transition pour le moment.
(Pour les courageux, merci de m'avoir lu)

mercredi 28 octobre 2009

Questions existentielles

J'ai décidé, pour y voir plus clair, de me créer une série de questions et de points sur lesquels je reviendrai régulièrement. N'hésitez pas à commenter et/ou à agrémenter cette liste, voire à vous l'approprier et à y répondre si vous en avez envie.
J'y répondrai dans un post futur et j'essaierai d'y répondre à nouveau une fois par mois, ou tous les deux mois afin de voir si je ne change pas d'avis comme de chemise.
Le thème central est "Pourquoi veux-je faire cette transition ?"
Aspects physiques :
- Ce que j'aime chez moi :
- Ce que je n'aime pas chez moi :
- La mastectomie ? oui ou non, attentes et craintes
- Les hormones ? Oui ou non, attentes et craintes
- Phallo ou méta ? Oui ou non, attentes et craintes
- Ma taille ? je gère ou pas ?
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect physique)
Aspects sociaux :
- Comment est-ce que je visualise ma position d'homme dans la société ?
- Comment envisage-je mes relations à autrui dans l'avenir ? Mes proches actuels, les rencontres à venir
- Comment me visualise-je dans le monde du travail ? et dans la sphère privée (amis, couple, famille)
- Suis-je prêt à me battre avec une guichetière de la poste ou un contrôleur de train ?
Aspects psychologiques :
- Pourquoi ne me sens-je pas femme ? Me sens-je donc homme par opposition ou est-ce différent ?
- Suis-je prêt à assumer les conséquences d'une transition ? D'un point de vue social, d'un point de vue personnel
- Fais-je ce choix car je n'ai eu que l'influence de mes frères ? (pas de sœur)
- Est-ce pour mieux assumer mon fond de misogynie ?
- Est-ce pour me réinventer une nouvelle vie pour évincer l'actuelle faite de regrets, de problèmes et de deuils bien trop nombreux ?
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect psycho)
- Et aussi est ce que je suis capable de m'assumer avec un corps différent, avec des cicatrices et un micro pénis ?
- Est ce que je suis capable de m'enfoncer une aiguille de 4cm dans la cuisse deux fois par mois ? Ou panser les plaies de mon opération ?
Des questions copiées collées du forum vert et que je trouve pertinentes, remaniées un peu pour être adaptées à mon cas :
-Est-ce que je ne cherche pas à devenir un homme physiquement à cause de mon père qui est un con fini pour que ma mère soit plus heureuse ?
-Est-ce que je me suis fixé ce but simplement pour en avoir un ? Pour ne pas subir à nouveau l'angoisse que j'ai ressenti quelques années plus tôt, face à l'absence d'un quelconque objectif dans ma vie ?
-Est-ce que c'est une simple question d'égo; est-ce que je désire quitter ce corps de femme uniquement pour une raison d'esthétique ?
En général :
Mes appréhensions, mes attentes sur ma vie future
Voilà le topo pour le moment, en espérant que ça m'aidera à me positionner. D'autres questions s'ajouteront peut-être à mesure de mes réflexions.