mercredi 17 novembre 2010

Première semaine

Ou première huitaine...
Hier, ça faisait donc une semaine depuis ma première injection, et pour fêter ça, je vais consigner mes premières impressions.
Bien entendu, il est bien trop tôt pour voir des changements notables, mais j'ai noté divers évènements qui peuvent être liés, que ce soit physiques ou psychosomatiques.
Les deux premiers jours, j'ai eu droit à de virulentes migraines et un hoquet quasi permanent. Si le hoquet est rapidement -et fort heureusement- disparu, les maux de tête ont perduré jusque dimanche.
Grosses difficultés d'endormissement. Ce n'est pas nouveau chez moi mais j'ai l'impression que ça a empiré.
Mal de gorge survenu rapidement. Léger rhume de surcroît. Néanmoins, la sensation persiste. J'ai le sentiment que quelque chose tire dans ma gorge. C'est assez désagréable et si je parle trop, je deviens vite aphone.
Il y a de la vie dans mon calbut. Hypersensibilité. PAs très agréable mais rien de plus à noter.
Agressivité nocturne. En soirée, vers cette heure-ci, j'ai eu de fortes montées "d'adrénaline",l'envie de buter quelqu'un ou de piquer un sprint pour me calmer.
bilan, pour le moment, sur le papier, ça a l'air assez horrible, mais je me sens bien, et je suis content d'avancer. Je ferai ma seconde injection mardi, tout seul, comme un grand. Je viens de commander le matos pour me piquer moi-même dans les meilleurs conditions d'hygiène possibles. Bizarrement, l'idée de me piquer chez moi m'évoquer davantage Transpotting que la Clinique de la Forêt Noire.

mardi 9 novembre 2010

Première injection

Et voilà, le jour J est arrivé ! T-Day le 9 novembre 2010. Moi qui ai une passion pour le nombre 11, c'est plutôt bien tombé.
Je suis tombé sur une infirmière adorable qui n'a pas posé de question déplacée et qui m'a montré comment me piquer.
Je retranscrirai les premiers effets. En route !

lundi 8 novembre 2010

Endocrinologue

Eh bien ça y est ! J'ai eu mon premier rendez-vous avec l'endocrinologue.
J'ai rencontré quelqu'un à l'écoute, une femme très douce qui m'a bien informé... et donné mon ordonnance !
Le jour J est donc là, au bout de mes doigts. Demain, je recevrai ma première injection de testostérone.
Pour fêter ça, j'ai décidé de prendre toute mes mensurations, de me prendre en photo et d'enregistrer ma voix pour mesurer les changements au fil du temps.

jeudi 4 novembre 2010

I fell again

Avec tous ces gentils commentaires sur mon dernier article, je me suis dit qu'il serait bien de donner des nouvelles.
On va dire que je vais mieux, même si ce terme n'est pas forcément vrai. Je vais "différemment". Exit le tout noir, certes, mais supplée par un indicible sentiment de révolte et d'injustice.
J'avais théoriquement fini mes études, un joli Master en poche. Ma fac m'exhorte à la recherche, me promettant monts et merveilles. Moi, comme un con, je signe. D'aucuns diront que c'est à moi de me bouger le fion et de m'accrocher... mais d'abord les faits.
A ma soutenance, on me propose de faire une thèse. Surpris, mais aussi flatté, je me donne quinze jours d'intense cogitation pour accepter ou non. Ce qui me retient ? D'embrayer sur quatre nouvelles années de fac...et sortir à 31 ans. Bien sûr, si je réussis dans cette branche, à moi les cours de fac et la recherche. Si j'échoue ? Je deviens un "vieux" de trente balais sans expérience pro balancé dans le monde du travail empli de jeunes loups aux dents longues.
Étant sans doute un peu con (et niais), je décide de prendre ce chemin tout de même, et pourquoi ? Je leur parle de mes soucis financiers, mais on m'assure qu'on me valide toutes les UE de l'année précédente, comprendre par là les cours que j'ai déjà faits l'année dernière et pour lesquels j'ai eu d'excellentes notes, soit dit en passant. On me promet aussi de me trouver un travail, au sein de l'ufr, ou à la bibliothèque. constat quasi idyllique donc, si on met de côté le fait que ma demande de bourse tardive m'a valu la chance d'allonger 450 euros d'admission et me plongeant à découvert.
Depuis fin septembre donc, je (nous plutôt, car nous sommes deux dans cette galère) demande-ons à ce qu'officiellement, on nous valide nos UE, afin de connaître ENFIN notre emploi du temps réel, ce qui nous permettrait de trouver un emploi tout court.
Un mois de pâtes à l'eau plus tard, la réponse tombe. Aucune UE ne sera validée, nous sommes condamnés à nous taper un emploi du temps plein, auquel s'ajoute les heures de recherche, et , bien évidemment, le boulot que je m'évertue à chercher car il va de soi que les promesses d'embauche étaient aussi vides que celles de validation d'acquis.
Globalement, on me demande donc de refaire un master. Sauf que j'en ai déjà un, que j'ai 27 ans, et que je n'ai pas envie de rempiler dans ces conditions. Je reviens donc à mon "d'aucuns" qui me diraient que beaucoup travaillent en parallèle d'un emploi du temps plein. Je le sais. Ils ont tout mon respect et moi je n'ai ni la force morale, ni la force physique de faire cela.
Je rêve,c'est là mon drame, je rêve sans cesse. J'en viens à me dire que je vais me trouve un petit boulot, n'importe lequel, et écrire, encore et toujours, car c'est bien la seule chose qui m'anime dans cette sphère professionnelle qui me rebute au plus haut point. C'est dramatique, mais je n'ai pas d'ambition (autre que celle d'écrire). Je me moque de gagner des milliers d'euros, de vivre dans une belle et grande maison.  Je veux juste être heureux et ça, ça n'a pas de prix. Pour moi, la recette est un peu d'écriture, des amis, de la lecture, et tout cela ne coûte pas bien cher.
Je pète un plomb, je ne dors plus. Mon chat comme une éponge en développe des névroses. Je suis perdu, comme la plupart des gens de mon âge, j'ai l'impression. Il est sans doute temps que je coupe le cordon, non pas avec ma mère, même si c'est en train de se produire, mais avec mon passé. Arrêter de voir la fac comme un berceau alors qu'il s'agit juste d'un cocon nauséabond d'où ne peut s'échapper que des insectes rampants.
Et choisir de vivre, au moins un tout petit peu.

mardi 19 octobre 2010

Un pavé dans ma mare

Aujourd'hui, j'ai envie de blablater sur tout et sur rien. Chez moi, le besoin de prendre les crayons pour écrire ou dessiner est toujours provoqué par une grande sérénité intérieure, ou par son contraire exact.
Depuis plusieurs jours, j'erre. Je me regarde le nombril et me lamente sur mon sort. Mon seul exutoire est de voir des amis, mais ça ne fonctionne que sur le moment présent. On serre les dents face aux erreurs de genre et on se dit que ce n'est pas de leur faute, qu'ils se reprennent, qu'ils font déjà beaucoup d'efforts.
Converser avec mon frère, écouter ses erreurs en souriant, tâcher de comprendre son désarroi me font comprendre à quel point ma situation est égoïste, à quel point elle nécessite de l'être, et à quel point je ne suis pas fait pour ça.
Il y a des années que je me drape de misanthropie pour me protéger des autres, car leurs émotions m'affectent bien plus qu'il ne le faudrait/devrait. J'aimerais tellement être neutre, être simple, être heureux, être une pierre, froide, avec pour seule pensée le soi, rien que le soi, uniquement le soi, et mépriser, oublier les autres sans en souffrir.
J'erre dans ce paradoxe d'avoir cruellement besoin des autres pour vivre mais que ce besoin me détruit aussi à petit feu. J'éviterai la métaphore du junky détruit par ce dont il a le plus besoin, mais on en est pas loin, et à force de grimper le long de cette paroi escarpée pour me sortir de mon trou, j'ai les mains écorchées, et à présent sans force aucune.
Il faut que je me pose à mi-chemin de ma course, que j'arrête tout pendant un temps, que je règle les problèmes que je sème derrière moi, volontairement ou non, pour retrouver la force de grimper.
Il y a tant de choses qui m'affectent que je ne sais par où commencer. Le boulot, déjà, ce serait bien de penser au boulot, ouais. Sauf que mes velléités dépressives, si dark, si true, me reprennent et qu'il est bien délicat de trouver du travail dans cet état mental. D'aucuns penseront à de la flemmardise, grand bien leur en fasse ! S'ils pouvaient vivre dans mon corps ne serait-ce qu'une heure ils comprendraient sans doute mieux.
Mais là est le nœud que je ne peux défaire. Personne ne pourra se mettre à ma place. J'ai besoin de compréhension mais cette compréhension est inaccessible, même pour moi, et j'en viens souvent à me demander ce que je fiche ici, moi qui suis si inadapté à ce monde-ci, ou ce monde-là, peu importe, j'ai le sentiment de n'avoir ma place nulle part.
Ce sentiment d'illégitimité est peut-être lié à ma situation. Je l'espère d'une certaine façon, même si je sais qu'aucune de mes démarches ne me rendra heureux. C'est un fait. Même si l'on arrête, on est fumeur ou alcoolique toute sa vie, question de récepteurs dans le cerveau, il paraît, et bien il en va de même pour la dépression. Question d'humeurs comme en jugeraient nos ancêtres antiques. Et bien quitte à être dépressif, à être pauvre, j'aurai mieux fait de poursuivre mon artistique voie pavée de chausse-trappes, car au moins, j'aurai une vraie raison d'être pauvre et dépressif, et ça ne bloquerait plus quiconque sur cette malheureuse phrase si cruelle "mais tu as tout pour être heureux ! "
Non. Je e suis pas toi,e t tu n'es pas moi. Pour vivre heureux, vivons serein. Ce 'est pas le cas, pas encore. Je garde le maigre espoir qu'un jour cela changera mais en démarrant ma vie dans le mauvais corps, je ne suis pas sûr que l'espoir soit une donnée à prendre en compte.
L'illumination du ciel, un signe, une épiphanie, quelque chose, c'est tout ce que je demande, quelque chose, qui vient, qui me saute u visage et qui me dit "Fais ça de ta vie petite chose, tu auras de quoi t'acheter à manger, dormir sous un toit, sortir de temps en temps et surtout, tu seras heureux"
Ma seule richesse, ce sont les autres, mon seul besoin. Mais en temps de crise, j'ai besoin d'acheter, des merdes, des conneries, n'importe quoi pour me vider la tête. Un bref instant, ne pas me sentir vide, mais je résiste, songe à mes rentrées mensuelles misérables, et je me retiens. Sur cela, j'ai progressé, c'est déjà un point positif, si seulement le moral progressait lui aussi !
Mais je reste posé là, sur la berge de ma mare à attendre le baiser qui me sortira de ma condition de grenouille pour devenir enfin moi-même. Je regarde la mouche qui se noie dans l'eau. Je sais que j'ai plus de chances qu'elle et pourtant...
sourire, faire semblant, faire de moi ce que l'on veut, attendre, sourire, éviter à tout prix les médocs, sourire, sourire, et encore sourire "Mais tout va bien puisque je vous le dis ! " Ouais. Sauf que j'arrive plus à mentir, même ça je n'y arrive plus.

mercredi 13 octobre 2010

Rentrée universitaire

Et voilà la pré-rentrée de passée.
Réunion informelle avec l'équipe pédagogique et les étudiants (une petite dizaine). Je ne sais pas comment j'ai été perçu mais je me suis présenté en tant qu'ancien étudiant de... et mon prénom mixte joue en ma faveur.
Globalement, je verrai peu mes collègues, ce qui m'arrange pour la transition. J'ai aussi peu d'heures de cours qui vont me permettre de travailler à côté.
Il me reste à voir ma directrice de formation et mon directeur de recherche pour faire mon CO, car ils me connaissent au féminin. Ma seconde directrice de recherche est déjà au courant et a très bien accueilli la nouvelle, je sais que j'ai son soutien et c'est déjà ça de pris.

lundi 11 octobre 2010

Attestation psy

Et bien voilà, le jour J est arrivé, j'ai enfin eu mon attestation psy m'autorisant à poursuivre le traitement hormonal et la chirurgie. Inutile de dire que je suis super content !
A présent, le temps fera la reste puisque cette attestation en poche, je suis libre de poursuivre mon parcours.
Pour le moment, je dois faire un bilan hormonal et un caryotype, le premier se fer demain et le second après mon rdv avec l'endoc puisque je suis censé remplir des papiers autorisant le caryotype, et qu'il me faut l'indication précise du type de caryotype que je dois faire (dixit le labo)
Affaire à suivre donc !