Bon, je n'ai pas pris le temps d'écrire d'article hier, vous m'en
voyez navrés. Le fait est que je n'en ai pas eu le temps vendredi,
rentrant chez moi à plus de minuit, et qu'hier j'ai eu fort à faire avec
un coming-out auprès d'une amie de longue date.
Ce coming-out
s'est très bien déroulé, avec simplicité. De la surprise, certes, mais
surtout une acceptation tacite, allant de soi, le masculin employé
immédiatement. D'ordinaire, les conversations se poursuivent des heures
sur le sujet, là, non. Nous sommes passés à autre chose, y revenant
juste parfois, sur un détail ou l'autre. C'était très reposant et je
regrette profondément de ne pas avoir davantage vu cette amie cette
année, à présent qu'elle déménage à l'autre out de la France.
J'ai
également appris vendredi que ma mère m'avait outé auprès de ma
tante... et le voilà le coming-out que j'attendais fatalement, celui qui
se passe mal. J'ai beau tenté de relativiser, l réaction de ma tante,
soeur de ma mère qui lui a annoncé, m'affecte plus que je ne le
voudrais.
En effet, enfant j'avais l'habitude de passer de longues
vacances chez elle et pour elle, je ne suis pas trans, il n'y a aucun
indice ayant pu l'annoncer (pour l'anecdote, elle a été prof de
maternelle pendant des années et a l'habitude des enfants) Elle pense
que cette annonce cache autre chose, un malaise, et que je devrais
suivre une psychothérapie. il va falloir que j'aille la voir pour lui
parler mais dans ma fragilité actuelle, j'ai peur de ne pas être en
mesure de le faire sans pleurer, ce qui ne servira certainement pas ma
cause.
Ces deux CO présentés, j'en viens à mon rendez-vous avec le docteur MM. de VA.
Je
suis donc resté pratiquement 1h30 en entretien. J'ai eu le plaisir de
rencontrer quelqu'un de sympathique, apte à mettre à l'aise. Quelqu'un
qui ne comprend pas pourquoi les trans doivent aller voir un psychiatre
puisque pour lui cela n'a rien d'une maladie, cele lui semble aussi
aberrant que d'envoyer un homo chez le psy.
Bon point de départ donc.
La
séance s'est donc déroulée ainsi. D'abord, parler de la pluie et du
(trop) beau temps, puis il a rempli une fiche sur mes informations
persos : nom, prénoms, âge, situation familiale, formation/études, ce
que font mes parents, mes grands-parents, oui si l'un d'eux est décédé
(ce qui est le cas de tous mes grands-parents)
Il m'a demandé mon nom choisi, que j'ai précisé et qu'il a employé, ainsi que le masculin sans une seule erreur.
Ensuite,
il m'a demandé de parlé de ma vie. Je lui ai donc raconté mon enfance
banale de petite fille, puis mon adolescence horrible, et enfin ma vie
de jeune adulte à ma fac. Nous avons parlé longtemps de mon parcours
universitaire.
Puis nous avons parlé de ma situation de couple. Je
savais que dire que je vis avec un homme était risqué mais je ne
pouvais pas mentir, surtout sur ce fait. J'aime passionnément mon copain
et nier son existence aurait été pour moi une forme de trahison. Grand
bien m'en a pris ! Ce psy n'en a rien à faire que je sois gay. enfin
quelqu'un qui distingue identité de genre et orientation sexuelle !
De
toute façon, par rapport à mon vécu le fait que je sois gay ne paraît
pas incohérent. Je ne l'ai pas choisi, c'est comme ça. C'est ce qui m'a
fait prendre tardivement conscience de ce qui se passait en moi.
Cet
entretien s'est également ponctué de notes amusantes, de type recherche
internet sur les trans vus par la religion catholique. C'était vraimet
un moment interactif très agréable, avec le sentiment d'être écouté et
surtout compris !
Vers la fin de l'entretien, il m'a expliqué
comment il procède. Il nous demande donc de faire des tests psy, à
savoir le WAIS (test d'intelligence), le MMPI et le Rorsarch (tests de
personnalité) C'est une façon pour lui de se protéger en cas de problème
pendant la transition et j'estime qu'il a raison. Cela élimine les
risques de maladies psychiatriques pouvant biaiser notre jugement. En
tout cas, cela ne me dérange pas de les faire.
Il se base donc sur
les entretiens et ces tests pour donner l'attestation. Il y a donc ce
premier entretien, les tests à passer, puis un second entretient où il
se décide. Il a estimé qu'au vu de mon parcours, de mon ressenti,
j'étais un bon candidat à l'attestation et que s'il ne s'en tenait pas
fermement à son protocole, il me l'aurait déjà donné.
J'ai donc
vraiment eu l'impression d'avoir à faire à quelqu'un soucieux de nous
aider. d'ailleurs, il a constitué tout un dossier sur les trans, a passé
des coups de fils à plusieurs endoc, ainsi qu'à la clinique de
Gand/Gent. Donc, il conseille d'ailleurs voir un ou une endoc sur Lille.
Il conseillait auparavant le docteur L. mais suite au passage du
responsable de l'assos trans du coin, il est revenu sur ce point et
suggère d'aller voir UNE endoc (qui est le docteur S. à n'en pas douter,
celle que je veux voir, qui a son cabinet au bout de ma rue et qui a
l'habitude des trans)
Ensuite il conseille la clinique de
Gand/Gent pour la Belgique, car ils ont l'habitude de faire de
nombreuses opérations et que donc à son sens ils sont fiables. Pour
l'hysté, enfin, il rappelle qu'un chirurgien de Lille a l'habitude d'en
faire.
Il a conclue en me conseillant de prendre une ALD 30 à 100%
Ces
derniers points sont importants à mes yeux, ils dénotent d'un état
d'esprit bien trop rares chez les psychiatres. Il a eu le souci de se
renseigner le plus possible, pour nous conseiller au mieux, nous
considère comme ce que nous sommes : des gens normaux. Si seulement il
n'était pas l'un des rares à faire cela, je crois que la situation des
trans en France s'améliorerait.
dimanche 4 juillet 2010
vendredi 2 juillet 2010
The Importance of being Earnest.
Voilà un titre bien pompeux, une fois de plus, mais j'aime bien me la péter et d'abord c'est mon blog, je fais ce que je veux.
Il s'agit du titre d'une pièce d'Oscar Wilde, expert en jeu de mots foireux puisque le héros de la pièce s'appelle Ernest et son honnêteté, sa sincérité même, est mis à rude épreuve.
Moi aussi j'abuse du double sens approximatif et rappelle ici qu'Oscar Wilde était gay. Où je veux en venir ? Ce soir a lieu un rendez-vous avec un nouveau psy. Bien que j'en aie entendu de très bons échos, j'appréhende énormément.
En début de parcours, je souhaitais être honnête du début à la fin, évoquer mon attirance profonde pour les hommes mais aujourd'hui je me ravise. Cela m'arrache le coeur de devoir mentir, "renier" mon compagnon, même si cela ne doit être que pour une heure. Je ne sais si c'est ma fierté ou mon amour pour lui qui parle...oui si simplement je suis las de mentir.
Je me suis menti à moi-même si longtemps, je mens à tellement de gens aujourd'hui sur qui je suis réellement que je n'en peux plus. J'ai toujours revendiqué d'être quelqu'un de sincère et aujourd'hui je dois mettre de côté mes convictions.
Bon sang, pourquoi ai-je à cacher que je suis gay ? En quoi cela ne ferait pas de moi un homme ?
Tâchons de ne pas nous emballer avant l'entretien et rendez-vous ce soir ou demain pour un résumé.
Il s'agit du titre d'une pièce d'Oscar Wilde, expert en jeu de mots foireux puisque le héros de la pièce s'appelle Ernest et son honnêteté, sa sincérité même, est mis à rude épreuve.
Moi aussi j'abuse du double sens approximatif et rappelle ici qu'Oscar Wilde était gay. Où je veux en venir ? Ce soir a lieu un rendez-vous avec un nouveau psy. Bien que j'en aie entendu de très bons échos, j'appréhende énormément.
En début de parcours, je souhaitais être honnête du début à la fin, évoquer mon attirance profonde pour les hommes mais aujourd'hui je me ravise. Cela m'arrache le coeur de devoir mentir, "renier" mon compagnon, même si cela ne doit être que pour une heure. Je ne sais si c'est ma fierté ou mon amour pour lui qui parle...oui si simplement je suis las de mentir.
Je me suis menti à moi-même si longtemps, je mens à tellement de gens aujourd'hui sur qui je suis réellement que je n'en peux plus. J'ai toujours revendiqué d'être quelqu'un de sincère et aujourd'hui je dois mettre de côté mes convictions.
Bon sang, pourquoi ai-je à cacher que je suis gay ? En quoi cela ne ferait pas de moi un homme ?
Tâchons de ne pas nous emballer avant l'entretien et rendez-vous ce soir ou demain pour un résumé.
vendredi 11 juin 2010
Fin d'une aventure psy pas chédélique
Mon dernier rendez-vous psy s'est conclu sur un vif sentiment d'amertume.
J'ai réclamé mon attestation et ai dû essuyé un refus.
Les raisons sont doubles : je ne serai soi-disant pas prêt et la lecture d'études vieilles de vingt ans ont fait flippé mon psy.
Les-dites études diraient que les trans deviennent cinglés au bout de quelques années de traitement... On se demande bien d'où ça sort ce truc, il faudrait que je lui présente des gens bien dans leurs pompes !
Concernant le fait que je ne suis pas prêt... Cela ressemble à de la transphobie sourde : C'est amusant une fille qui se dit garçon, ça prête à sourire, non ? Sauf que je suis un garçon, ce n'est pas ma faute et je ne l'ai pas choisi. il m'a suggéré de vivre comme certains ados, de façon androgyne.
J'ai déjà joué l'androgyne quand je vivais en femme. C'était costard, talons aiguilles et maquillage. Ce qui se passe dans mon esprit, ce qui a enfin été mis en lumière est totalement différent, mais ça, il n'a pas semblé le percevoir. Pire, cela lui semble aberrant que j'aime les hommes.
J'ai décidé que j'avais assez donné avec ce psy et je change. J'ai un rendez-vous le 2 juillet avec le docteur M de Valenciennes. Je l'ai appelé hier et ai eu à faire à quelqu'un de très sympathique. J'espère à présent que tout se passera bien.
Face à l'imminence du traitement, j'ai peur. Peur de l'inconnu de ce que je vais vivre, de ne pas savoir comment je vais change, si j'en serai satisfait ou pire, si c'est bien cela que je recherche.
Pourtant... dès que je sors dans la rue, je veux qu'on me rende des regards masculins. Je jubile comme un gosse quand une petite dame me dit "pardon jeune homme". Je pense que ce qui me bloque et me fait flipper, c'est surtout que je veux me vivre androgyne, oui, mais androgyne homme mais que mon passing actuel ne me permet plus de le faire depuis des mois.
J'ai hâte d'être en position de force, de pouvoir dire "non, c'est monsieur" avec une voix grave quand quelqu'un se trompera de genre. J'ai hâte de prendre de la masse et de gratter ma barbe naissante. Je crois que partant de là, on peut estimer que je suis prêt.
J'ai réclamé mon attestation et ai dû essuyé un refus.
Les raisons sont doubles : je ne serai soi-disant pas prêt et la lecture d'études vieilles de vingt ans ont fait flippé mon psy.
Les-dites études diraient que les trans deviennent cinglés au bout de quelques années de traitement... On se demande bien d'où ça sort ce truc, il faudrait que je lui présente des gens bien dans leurs pompes !
Concernant le fait que je ne suis pas prêt... Cela ressemble à de la transphobie sourde : C'est amusant une fille qui se dit garçon, ça prête à sourire, non ? Sauf que je suis un garçon, ce n'est pas ma faute et je ne l'ai pas choisi. il m'a suggéré de vivre comme certains ados, de façon androgyne.
J'ai déjà joué l'androgyne quand je vivais en femme. C'était costard, talons aiguilles et maquillage. Ce qui se passe dans mon esprit, ce qui a enfin été mis en lumière est totalement différent, mais ça, il n'a pas semblé le percevoir. Pire, cela lui semble aberrant que j'aime les hommes.
J'ai décidé que j'avais assez donné avec ce psy et je change. J'ai un rendez-vous le 2 juillet avec le docteur M de Valenciennes. Je l'ai appelé hier et ai eu à faire à quelqu'un de très sympathique. J'espère à présent que tout se passera bien.
Face à l'imminence du traitement, j'ai peur. Peur de l'inconnu de ce que je vais vivre, de ne pas savoir comment je vais change, si j'en serai satisfait ou pire, si c'est bien cela que je recherche.
Pourtant... dès que je sors dans la rue, je veux qu'on me rende des regards masculins. Je jubile comme un gosse quand une petite dame me dit "pardon jeune homme". Je pense que ce qui me bloque et me fait flipper, c'est surtout que je veux me vivre androgyne, oui, mais androgyne homme mais que mon passing actuel ne me permet plus de le faire depuis des mois.
J'ai hâte d'être en position de force, de pouvoir dire "non, c'est monsieur" avec une voix grave quand quelqu'un se trompera de genre. J'ai hâte de prendre de la masse et de gratter ma barbe naissante. Je crois que partant de là, on peut estimer que je suis prêt.
mercredi 2 juin 2010
Entrevue avec ma mère
Il y a quelques jours, j'ai lancé négligemment à ma mère de regarder le reportage sur les trans qui va passer demain sur nrj12.
Finalement, ne connaissant pas son contenu, je préfère qu'elle ne le fasse pas, du moins, pas sans moi et je ne pourrais pas être là.
Néanmoins, ayant une réelle opportunité pour avoir mon attestation, les choses vont s'accélérer et il faut à tout prix que je me pose avec elle pour lui en parler, qu'elle se prépare à ce qui va suivre.
Je tente de planifier ça rapidement, peut-être demain en journée si j'arrive à me déplacer, sinon, ce sera lundi.
J'aimerais tant qu'elle soit là pour moi le jour où j'aurais mon injection, ne serait-ce qu'au téléphone. J'aimerais tant qu'elle se réjouisse pour moi, comme le feront mes amis.
Aujourd'hui, je me suis habillé en fille pour tester et j'ai mesurer à quel point c'était le poids des autres, de la société, qui m'empêchait depuis toujours de franchir le pas.
Je suis prêt. Reste à ce que mon entourage le soit aussi, ou du moins, ne se fasse pas trop bousculer par tout ceci.
Finalement, ne connaissant pas son contenu, je préfère qu'elle ne le fasse pas, du moins, pas sans moi et je ne pourrais pas être là.
Néanmoins, ayant une réelle opportunité pour avoir mon attestation, les choses vont s'accélérer et il faut à tout prix que je me pose avec elle pour lui en parler, qu'elle se prépare à ce qui va suivre.
Je tente de planifier ça rapidement, peut-être demain en journée si j'arrive à me déplacer, sinon, ce sera lundi.
J'aimerais tant qu'elle soit là pour moi le jour où j'aurais mon injection, ne serait-ce qu'au téléphone. J'aimerais tant qu'elle se réjouisse pour moi, comme le feront mes amis.
Aujourd'hui, je me suis habillé en fille pour tester et j'ai mesurer à quel point c'était le poids des autres, de la société, qui m'empêchait depuis toujours de franchir le pas.
Je suis prêt. Reste à ce que mon entourage le soit aussi, ou du moins, ne se fasse pas trop bousculer par tout ceci.
vendredi 28 mai 2010
Réponses aux questions II
Chose promise, chose due : je reviens sur mon propre questionnaire, auquel j'avais répondu ici
Pour le premier jet, j'étais en début de réflexions, je découvrais à peine un univers totalement inconnu. Voyons ce que ça donne à presque un an de cogitation.
Aspects physiques :
- Ce que j'aime chez moi :
Physiquement, ça va être dur de répondre. Présentement, il n'y a pas grand chose que j'aime, à part peut-être le rapide dessin de mes pauv' biceps XD
- Ce que je n'aime pas chez moi :
Le fait que je sois un nabot. Je n'aime pas non plus mes mains, c'est infernal, ça devient une obsession depusi qu'on m'a sorti qu'on m'avait grillé en tant que "fille" à cause de ça. Je les planque le plus souvent possible. Je n'aime pas mon bide, mais ce n'est pas non plus un drame. Par contre, les hanches et les cuisses, ça c'est infernal.
La poitrine, ça me soûle aussi et j'ai hâte de pouvoir faire le cake en boxer
- La mastectomie ? oui ou non, attentes et craintes
Aaaah j'ai tellement hâte. J'espère avoir un résultat harmonieux et bien fait, un torse avec un placment d'aréoles naturel et si possible sans trop de perte de sensation. J'envisage même un chir, le docteur Fischer, aux Stazunis.
- Les hormones ? Oui ou non, attentes et craintes
Là, j'attends mon sésame pour l'endoc. J'ai vraiment hâte de commence,r avec un petit coup de flip en même temps. Ma première hâte, c'est que ma voix change parce que j'en ai marre de miauler. La répartition des graisses aussi, même si je sais que ça n'est pas très rapide. En gros, j'ai hâte de gommer la forme en diabolo... puis d'avoir un passing torse poil (donc post mastec) suffisant pour aller me faire tatouer !
- Phallo ou méta ? Oui ou non, attentes et craintes
La phallo c'est un gros niet définitif. L'opération est trop lourde, et les conséquences peuvent être terrible. De plus, je trouve le résultat trop aléatoire et surtout, je n'ai pas de problème avec mon sexe actuel. Pour le moment donc, toujours rien d'envisagé mais si ça devait changer, je m'orienterais vers la méta
- Ma taille en tant que garçon ? je gère ou pas ?
Là, j'ai envie de me dire "t'as pas le choix mon coco"
De toute façon, il y a "pire" que moi et être un grand machin n'est pas forcément top non plus. Je pense que ma taille me gênerait moins si je galérais moins à m'habiller. Et puis, je dégotterai bien des plateformes ou des New Rock sympa pour grandir un peu ^^
Il me semble que j'avais parlé d'opérations des jambes la dernière fois. C'est vrai que par moment j'y repense, quand ça va pas trop, mais franchement une opé de plus...qui s'ajouterait à ma poly-arthrite cela me semble déraisonnable. Je resterai une petite boule kawaii avec juste plus de poils au cul (pardon, je dis n'imp XD)
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect physique)
Ben le truc c'est que je ne vis plus dans un corps de femme. Enfin, si, ça reste le même, mais je ne le perçois plus du tout comme tel. Je me dis que je devrais essayer de me travestir pour voir, ça pourrait être fun. Honnêtement, j'attends avec impatience les hormones pour pouvoir m'habiller en tarlouse gothique sans me trahir par la voix ^^
Aspects sociaux :
- Comment est-ce que je visualise ma position d'homme dans la société ?
Je vais devenir une rockstar/artiste peintre sculpteur/écrivain aimé de tous ! Non, plus sérieusement, j'ai du mal encore à visualiser. Le fait est que je sens les regards sur moi changer. Dans le métro par exemple, quand je passe bien, les filles baissent les yeux et n'osent pas me regarder si j'en suis proche. Les mecs feront les cakes à essayer de me jauger... avant je vivais l'inverse. Ce n'est qu'un détail mais je sens que ma position évolue déjà...Et que je ne peux absolument pas en mesurer les conséquences. J'espère juste que cela se passera bien, ou du moins que je me sentirai mieux qu'aujourd'hui.
- Comment envisage-je mes relations à autrui dans l'avenir ? Mes proches actuels, les rencontres à venir
Presque tous mes proches et amis sont au courant et pour le moment, j'ai le soutien de tous. Sur ce point là, ça ne changera sans doute pas. Pour les autres, ceux que je ne connais pas encore... j'ai envie d'être davantage moi-même, de balancer plus de vannes pourries et de faire mon lover à deux balles. Je sais juste qu'en ce moment, j'esquive toute nouvelle rencontre hors cadre LGBTI pour ne pas avoir à me justifier de qui je suis.
- Comment me visualise-je dans le monde du travail ? et dans la sphère privée (amis, couple, famille)
Dans le monde du travail...je sais qu'homme ou femme ne change rien au fait que j'ai pas envie de bosser derrière un bureau T_T Après, on verra bien comment ça se passe, ça risque d'être complexe durant la transition et j'espère compter sur le télétravail pour à la longue m'émanciper d'un métro boulot dodo lobotomisant et vivre un peu de mes passions.
Pour les amis, j'ai connu la vive appréhension de m'éloigner de mes amies. En changeant de statut, passant de la confidente à un homme, j'avais peur qu'elles aient le sentiment que je les trahissais mais pour le moment cela semble bien se passer.
Pour la famille, j'y trouve un soutien précieux, même si ce n'est pas facile pour eux. J'ai décidé de zapper toute une partie de ma famille, ça tombe bien, il y a longtemps que je voulais le faire. J'ai aussi l'impression d'avoir gagner en maturité et par la même, de m'émanciper de l'influence de ma mère qui, bien malgré elle, est très pesante. J'avais évoqué dans mes précédentes réponses le fait d'être mère machin truc bidule.... Ouais, sauf qu'aujourd'hui, je ne m'imagine pas mère, pas même père à dire vrai. J'en ai strictement rien à carrer d'avoir des enfants...Cela changera peut-être plus tard mais pour le moment, non, je ne veux penser qu'à moi.
J'avais évoquer l'hypothèse de me sentir homme simplement pour ne pas avoir un jour à me sentir mère. Aujourd'hui, je pense avoir suffisamment retourné la question pour avoir ma réponse. Finalement, on attendait de moi que je devienne mère. C'est un "on" générique, je dis juste par là que j'arrive à l'âge moyen pour être mère, que mes frères sont pères, mes amies sont enceintes... et ce schéma ne me correspond pas. Le fait d'être trans ou pas n'a rien à voir là-dedans. Cependant, au fil de ma réflexion j'ai réussi à prendre suffisamment de distance pour savoir ce que je voulais.
- Suis-je prêt à me battre avec une guichetière de la poste ou un contrôleur de train ?
Coup de tête balayette manchette ! De toute façon, ce seront eux qui seront ridicules de me parler au féminin. J'espère pouvoir jouer de mon prénom mixte au pire. De toute façon, je risque d'etre confronté à des difficultés et je ferai avec, quitte à m'auto-signer des procuration pour aller chercher mes colis à la poste avec ma propre CNI XD
Aspects psychologiques :
- Pourquoi ne me sens-je pas femme ? Me sens-je donc homme par opposition ou est-ce différent ?
Mais rien à voir mon coco, tu dérailles ! C'est quoi ce questionnaire à la mors-moi le nœud ?
L'idée de ne pas se sentir femme ne tient pas vraiment, tout comme l'opposition avec homme. Ce ne sont pas des opposés, mais différentes facettes de l'être humain, tout comme chacun de ces termes "homme" et "femme" reflètent une infinité de réalité. Le tout était de savoir quel aspect physique je souhaitais avoir pour être en accord avec mon état mental et l'image de moi que je souhaite renvoyer. Cette image est l'identité d'un homme, pas de bol pour moi, ça me donne le boulot de la transition à faire.
- Suis-je prêt à assumer les conséquences d'une transition ? D'un point de vue social, d'un point de vue personnel
Owi que je vais te les assumer ! Personnellement déjà. Bon la piquouze dans la cuisse ou les fesses ne m'enchante pas mais c'est un faible prix à payer pour être enfin moi-même !
Au final, il y aura sans doute des gens qui continueront de me confondre avec une femme mais c'est leur problème et pas le mien. Je risque tout aussi bien de me faire traiter de pédé, ou de "Dr House" quand je suis obligé de sortir avec une canne. Dès qu'on sort un tout petit peu du moule, on choque la norme bien-pensante. De toute façon, aucun de mes amis n'est normal (et c'est un compliment) donc peu m'importe !
Le plus dur à gérer sera surtout l'impatience et réussir à rassembler assez d'argent pour tout ce micmac. Questions traitement, j'ai déjà eu plus lourd, question gestion de la douleur des opé ? j'ai mal tous les jours, parfois à me cogner la tête contre les murs ou à me mordre à sang. Et les procédures d'état-civil ? je me bats déjà en justice depuis 3 ans.
En gros, j'ai carrément le level ^^
- Fais-je ce choix car je n'ai eu que l'influence de mes frères ? (pas de sœur)
Je suis très différent de mes frères, tout comme eux deux sont très différents l'und e l'autre. On fait tous notre route, à notre rythme, et je crois avoir été entouré de suffisamment de femmes dans ma vie.
Alors ce serait pour compenser mon père absent ? Quand bien même, cela ne change rien à mon choix. Et si je volais remplir le rôle du père je jouerai les gros hétéro viril avec un break et un labrador.
- Est-ce pour mieux assumer mon fond de misogynie ?
Bon, 'ai encore des sursauts de misogynie : on ne change pas du jour au lendemain. La question est mal posée puisque j'assumais beaucoup mieux ma misogynie, pourtant à l'époque plus virulente, auparavant, avant de commencer mon parcours. Posé comme cela, cela reviendrait à se dire "est-ce que je ne veux pas être un homme pour assumer mes trois poils de moustache sous le nez ?"
- Est-ce pour me réinventer une nouvelle vie pour évincer l'actuelle faite de regrets, de problèmes et de deuils bien trop nombreux ?
BLAM ! Dans ta TRONCHE la question qui tue.Je l'avais oublié celle-là. Bon, j'essaie de gérer mais là c'est un peu pareil. Je suis une chiffe-molle et que je sois homme ou femme n'y changera rien. Je ne pense pas que l'on puisse parler de fuite puisque que, au contraire, je me lance dans un nouveau combat. Si c'était une fuite, je ferai une psychothérapie pour tenter de m'assumer en femme. Là, enfin, j'ai pris le taureau par les cornes et c'est une belle revanche sur la vie qui m'a fait bien trop de crasses.
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect psycho)
Non, définitivement non. Plus ça va et moins je supporte ce corps avec ses rondeurs de femme. Je ne veux plus du tout être perçu en femme, ça c'est certain, que ce soit pour les autres ou moi-même.
- Et aussi est ce que je suis capable de m'assumer avec un corps différent, avec des cicatrices et un micro pénis ?
Bah, pareil que tantôt : "t'as pas le choix mon coco". Maintenant si ces cicatrices sont les témoins de la réappropriation de mon corps, ou mieux, de mon être, j'en veux bien. Quant à mon sexe, il fonctionne déjà très bien donc j'imagine que ce sera encore mieux avec un dicklit ^o^
- Est ce que je suis capable de m'enfoncer une aiguille de 4cm dans la cuisse deux fois par mois ? Ou panser les plaies de mon opération ?
Aaaah j'ai super envie de faire tout seul ma première injection. C'est peut-être pas raisonnable mais de toute façon il faudra bien que je m'émancipe pour les faire tout seul.
Les plaies, vu que je suis entouré de bons conseillers, pas de soucis. D'autant plus que m'occuper d'une blessure ne m'est pas particulièrement difficile.
Des questions copiées collées du forum vert et que je trouve pertinentes, remaniées un peu pour être adaptées à mon cas :
-Est-ce que je ne cherche pas à devenir un homme physiquement à cause de mon père qui est un con fini pour que ma mère soit plus heureuse ?
Ma mère serait plus heureuse sans ma transition. Quant à mon père, il tente de se rattraper du passé. De toute façon, mon histoire n'a strictement rien à voir avec la leur.
-Est-ce que je me suis fixé ce but simplement pour en avoir un ? Pour ne pas subir à nouveau l'angoisse que j'ai ressentie quelques années plus tôt, face à l'absence d'un quelconque objectif dans ma vie ?
Mon but c'est d'écrire, créer, être heureux, continuer de vivre en harmonie avec mon amour. Etre trans ne m'empêchera pas de faire une crise existentielle, un jour prochain, devant le vide criant de nos existences.
-Est-ce que c'est une simple question d'égo; est-ce que je désire quitter ce corps de femme uniquement pour une raison d'esthétique ?
vu que de base, j'estime être bien servi niveau esthétique (auto-jet de fleurs) Je pense que je cherche juste à sublimer mon intense beauté par la transition (hu hu, je déconne ^^)
L'esthétique de la modification physique m'attire, plus que l'esthétique genrée finalement. Si c'était une question d'esthétique, vu le boulot que ça demande, j'aurai déjà laisser tomber depuis longtemps, d'autant plus que rien ne me garantit de devenir un beau mec.
En général :
Mes appréhensions, mes attentes sur ma vie future
Je kiffe ma vie, même si elle n'est pas parfaite. Je pense que j'irai vers du mieux. Je n'ai plus aucune crise d'angoisse, fini les crises de tétanie, je revis déjà pour ça. Pour le reste, je garde la peur de devenir chauve, mais ça, c'est une autre histoire !
Bilan :
Je me rends compte que je me posais plein de questions qui n'ont plus lieu d'être aujourd'hui car je les ai réglées. Mon choix est fait aujourd'hui et ce n'était pas le cas à l'époque. L'euphorie de la nouveauté est retombée elle ausi et je sais que ce n'est pas un cache misère puisque je ne fais plus de dépression depuis que je sais mieux qui je suis.
Je remercie ceux qui auront eu le courage de me lire. C'était assez fun de revenir sur ce questionnaire. Par contre, j'ai la flemme de me relire donc pardon pour les fautes éventuelles !
Pour le premier jet, j'étais en début de réflexions, je découvrais à peine un univers totalement inconnu. Voyons ce que ça donne à presque un an de cogitation.
Aspects physiques :
- Ce que j'aime chez moi :
Physiquement, ça va être dur de répondre. Présentement, il n'y a pas grand chose que j'aime, à part peut-être le rapide dessin de mes pauv' biceps XD
- Ce que je n'aime pas chez moi :
Le fait que je sois un nabot. Je n'aime pas non plus mes mains, c'est infernal, ça devient une obsession depusi qu'on m'a sorti qu'on m'avait grillé en tant que "fille" à cause de ça. Je les planque le plus souvent possible. Je n'aime pas mon bide, mais ce n'est pas non plus un drame. Par contre, les hanches et les cuisses, ça c'est infernal.
La poitrine, ça me soûle aussi et j'ai hâte de pouvoir faire le cake en boxer
- La mastectomie ? oui ou non, attentes et craintes
Aaaah j'ai tellement hâte. J'espère avoir un résultat harmonieux et bien fait, un torse avec un placment d'aréoles naturel et si possible sans trop de perte de sensation. J'envisage même un chir, le docteur Fischer, aux Stazunis.
- Les hormones ? Oui ou non, attentes et craintes
Là, j'attends mon sésame pour l'endoc. J'ai vraiment hâte de commence,r avec un petit coup de flip en même temps. Ma première hâte, c'est que ma voix change parce que j'en ai marre de miauler. La répartition des graisses aussi, même si je sais que ça n'est pas très rapide. En gros, j'ai hâte de gommer la forme en diabolo... puis d'avoir un passing torse poil (donc post mastec) suffisant pour aller me faire tatouer !
- Phallo ou méta ? Oui ou non, attentes et craintes
La phallo c'est un gros niet définitif. L'opération est trop lourde, et les conséquences peuvent être terrible. De plus, je trouve le résultat trop aléatoire et surtout, je n'ai pas de problème avec mon sexe actuel. Pour le moment donc, toujours rien d'envisagé mais si ça devait changer, je m'orienterais vers la méta
- Ma taille en tant que garçon ? je gère ou pas ?
Là, j'ai envie de me dire "t'as pas le choix mon coco"
De toute façon, il y a "pire" que moi et être un grand machin n'est pas forcément top non plus. Je pense que ma taille me gênerait moins si je galérais moins à m'habiller. Et puis, je dégotterai bien des plateformes ou des New Rock sympa pour grandir un peu ^^
Il me semble que j'avais parlé d'opérations des jambes la dernière fois. C'est vrai que par moment j'y repense, quand ça va pas trop, mais franchement une opé de plus...qui s'ajouterait à ma poly-arthrite cela me semble déraisonnable. Je resterai une petite boule kawaii avec juste plus de poils au cul (pardon, je dis n'imp XD)
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect physique)
Ben le truc c'est que je ne vis plus dans un corps de femme. Enfin, si, ça reste le même, mais je ne le perçois plus du tout comme tel. Je me dis que je devrais essayer de me travestir pour voir, ça pourrait être fun. Honnêtement, j'attends avec impatience les hormones pour pouvoir m'habiller en tarlouse gothique sans me trahir par la voix ^^
Aspects sociaux :
- Comment est-ce que je visualise ma position d'homme dans la société ?
Je vais devenir une rockstar/artiste peintre sculpteur/écrivain aimé de tous ! Non, plus sérieusement, j'ai du mal encore à visualiser. Le fait est que je sens les regards sur moi changer. Dans le métro par exemple, quand je passe bien, les filles baissent les yeux et n'osent pas me regarder si j'en suis proche. Les mecs feront les cakes à essayer de me jauger... avant je vivais l'inverse. Ce n'est qu'un détail mais je sens que ma position évolue déjà...Et que je ne peux absolument pas en mesurer les conséquences. J'espère juste que cela se passera bien, ou du moins que je me sentirai mieux qu'aujourd'hui.
- Comment envisage-je mes relations à autrui dans l'avenir ? Mes proches actuels, les rencontres à venir
Presque tous mes proches et amis sont au courant et pour le moment, j'ai le soutien de tous. Sur ce point là, ça ne changera sans doute pas. Pour les autres, ceux que je ne connais pas encore... j'ai envie d'être davantage moi-même, de balancer plus de vannes pourries et de faire mon lover à deux balles. Je sais juste qu'en ce moment, j'esquive toute nouvelle rencontre hors cadre LGBTI pour ne pas avoir à me justifier de qui je suis.
- Comment me visualise-je dans le monde du travail ? et dans la sphère privée (amis, couple, famille)
Dans le monde du travail...je sais qu'homme ou femme ne change rien au fait que j'ai pas envie de bosser derrière un bureau T_T Après, on verra bien comment ça se passe, ça risque d'être complexe durant la transition et j'espère compter sur le télétravail pour à la longue m'émanciper d'un métro boulot dodo lobotomisant et vivre un peu de mes passions.
Pour les amis, j'ai connu la vive appréhension de m'éloigner de mes amies. En changeant de statut, passant de la confidente à un homme, j'avais peur qu'elles aient le sentiment que je les trahissais mais pour le moment cela semble bien se passer.
Pour la famille, j'y trouve un soutien précieux, même si ce n'est pas facile pour eux. J'ai décidé de zapper toute une partie de ma famille, ça tombe bien, il y a longtemps que je voulais le faire. J'ai aussi l'impression d'avoir gagner en maturité et par la même, de m'émanciper de l'influence de ma mère qui, bien malgré elle, est très pesante. J'avais évoqué dans mes précédentes réponses le fait d'être mère machin truc bidule.... Ouais, sauf qu'aujourd'hui, je ne m'imagine pas mère, pas même père à dire vrai. J'en ai strictement rien à carrer d'avoir des enfants...Cela changera peut-être plus tard mais pour le moment, non, je ne veux penser qu'à moi.
J'avais évoquer l'hypothèse de me sentir homme simplement pour ne pas avoir un jour à me sentir mère. Aujourd'hui, je pense avoir suffisamment retourné la question pour avoir ma réponse. Finalement, on attendait de moi que je devienne mère. C'est un "on" générique, je dis juste par là que j'arrive à l'âge moyen pour être mère, que mes frères sont pères, mes amies sont enceintes... et ce schéma ne me correspond pas. Le fait d'être trans ou pas n'a rien à voir là-dedans. Cependant, au fil de ma réflexion j'ai réussi à prendre suffisamment de distance pour savoir ce que je voulais.
- Suis-je prêt à me battre avec une guichetière de la poste ou un contrôleur de train ?
Coup de tête balayette manchette ! De toute façon, ce seront eux qui seront ridicules de me parler au féminin. J'espère pouvoir jouer de mon prénom mixte au pire. De toute façon, je risque d'etre confronté à des difficultés et je ferai avec, quitte à m'auto-signer des procuration pour aller chercher mes colis à la poste avec ma propre CNI XD
Aspects psychologiques :
- Pourquoi ne me sens-je pas femme ? Me sens-je donc homme par opposition ou est-ce différent ?
Mais rien à voir mon coco, tu dérailles ! C'est quoi ce questionnaire à la mors-moi le nœud ?
L'idée de ne pas se sentir femme ne tient pas vraiment, tout comme l'opposition avec homme. Ce ne sont pas des opposés, mais différentes facettes de l'être humain, tout comme chacun de ces termes "homme" et "femme" reflètent une infinité de réalité. Le tout était de savoir quel aspect physique je souhaitais avoir pour être en accord avec mon état mental et l'image de moi que je souhaite renvoyer. Cette image est l'identité d'un homme, pas de bol pour moi, ça me donne le boulot de la transition à faire.
- Suis-je prêt à assumer les conséquences d'une transition ? D'un point de vue social, d'un point de vue personnel
Owi que je vais te les assumer ! Personnellement déjà. Bon la piquouze dans la cuisse ou les fesses ne m'enchante pas mais c'est un faible prix à payer pour être enfin moi-même !
Au final, il y aura sans doute des gens qui continueront de me confondre avec une femme mais c'est leur problème et pas le mien. Je risque tout aussi bien de me faire traiter de pédé, ou de "Dr House" quand je suis obligé de sortir avec une canne. Dès qu'on sort un tout petit peu du moule, on choque la norme bien-pensante. De toute façon, aucun de mes amis n'est normal (et c'est un compliment) donc peu m'importe !
Le plus dur à gérer sera surtout l'impatience et réussir à rassembler assez d'argent pour tout ce micmac. Questions traitement, j'ai déjà eu plus lourd, question gestion de la douleur des opé ? j'ai mal tous les jours, parfois à me cogner la tête contre les murs ou à me mordre à sang. Et les procédures d'état-civil ? je me bats déjà en justice depuis 3 ans.
En gros, j'ai carrément le level ^^
- Fais-je ce choix car je n'ai eu que l'influence de mes frères ? (pas de sœur)
Je suis très différent de mes frères, tout comme eux deux sont très différents l'und e l'autre. On fait tous notre route, à notre rythme, et je crois avoir été entouré de suffisamment de femmes dans ma vie.
Alors ce serait pour compenser mon père absent ? Quand bien même, cela ne change rien à mon choix. Et si je volais remplir le rôle du père je jouerai les gros hétéro viril avec un break et un labrador.
- Est-ce pour mieux assumer mon fond de misogynie ?
Bon, 'ai encore des sursauts de misogynie : on ne change pas du jour au lendemain. La question est mal posée puisque j'assumais beaucoup mieux ma misogynie, pourtant à l'époque plus virulente, auparavant, avant de commencer mon parcours. Posé comme cela, cela reviendrait à se dire "est-ce que je ne veux pas être un homme pour assumer mes trois poils de moustache sous le nez ?"
- Est-ce pour me réinventer une nouvelle vie pour évincer l'actuelle faite de regrets, de problèmes et de deuils bien trop nombreux ?
BLAM ! Dans ta TRONCHE la question qui tue.Je l'avais oublié celle-là. Bon, j'essaie de gérer mais là c'est un peu pareil. Je suis une chiffe-molle et que je sois homme ou femme n'y changera rien. Je ne pense pas que l'on puisse parler de fuite puisque que, au contraire, je me lance dans un nouveau combat. Si c'était une fuite, je ferai une psychothérapie pour tenter de m'assumer en femme. Là, enfin, j'ai pris le taureau par les cornes et c'est une belle revanche sur la vie qui m'a fait bien trop de crasses.
- Est ce que j'ai envie de continuer vivre dans un corps de femme ? (aspect psycho)
Non, définitivement non. Plus ça va et moins je supporte ce corps avec ses rondeurs de femme. Je ne veux plus du tout être perçu en femme, ça c'est certain, que ce soit pour les autres ou moi-même.
- Et aussi est ce que je suis capable de m'assumer avec un corps différent, avec des cicatrices et un micro pénis ?
Bah, pareil que tantôt : "t'as pas le choix mon coco". Maintenant si ces cicatrices sont les témoins de la réappropriation de mon corps, ou mieux, de mon être, j'en veux bien. Quant à mon sexe, il fonctionne déjà très bien donc j'imagine que ce sera encore mieux avec un dicklit ^o^
- Est ce que je suis capable de m'enfoncer une aiguille de 4cm dans la cuisse deux fois par mois ? Ou panser les plaies de mon opération ?
Aaaah j'ai super envie de faire tout seul ma première injection. C'est peut-être pas raisonnable mais de toute façon il faudra bien que je m'émancipe pour les faire tout seul.
Les plaies, vu que je suis entouré de bons conseillers, pas de soucis. D'autant plus que m'occuper d'une blessure ne m'est pas particulièrement difficile.
Des questions copiées collées du forum vert et que je trouve pertinentes, remaniées un peu pour être adaptées à mon cas :
-Est-ce que je ne cherche pas à devenir un homme physiquement à cause de mon père qui est un con fini pour que ma mère soit plus heureuse ?
Ma mère serait plus heureuse sans ma transition. Quant à mon père, il tente de se rattraper du passé. De toute façon, mon histoire n'a strictement rien à voir avec la leur.
-Est-ce que je me suis fixé ce but simplement pour en avoir un ? Pour ne pas subir à nouveau l'angoisse que j'ai ressentie quelques années plus tôt, face à l'absence d'un quelconque objectif dans ma vie ?
Mon but c'est d'écrire, créer, être heureux, continuer de vivre en harmonie avec mon amour. Etre trans ne m'empêchera pas de faire une crise existentielle, un jour prochain, devant le vide criant de nos existences.
-Est-ce que c'est une simple question d'égo; est-ce que je désire quitter ce corps de femme uniquement pour une raison d'esthétique ?
vu que de base, j'estime être bien servi niveau esthétique (auto-jet de fleurs) Je pense que je cherche juste à sublimer mon intense beauté par la transition (hu hu, je déconne ^^)
L'esthétique de la modification physique m'attire, plus que l'esthétique genrée finalement. Si c'était une question d'esthétique, vu le boulot que ça demande, j'aurai déjà laisser tomber depuis longtemps, d'autant plus que rien ne me garantit de devenir un beau mec.
En général :
Mes appréhensions, mes attentes sur ma vie future
Je kiffe ma vie, même si elle n'est pas parfaite. Je pense que j'irai vers du mieux. Je n'ai plus aucune crise d'angoisse, fini les crises de tétanie, je revis déjà pour ça. Pour le reste, je garde la peur de devenir chauve, mais ça, c'est une autre histoire !
Bilan :
Je me rends compte que je me posais plein de questions qui n'ont plus lieu d'être aujourd'hui car je les ai réglées. Mon choix est fait aujourd'hui et ce n'était pas le cas à l'époque. L'euphorie de la nouveauté est retombée elle ausi et je sais que ce n'est pas un cache misère puisque je ne fais plus de dépression depuis que je sais mieux qui je suis.
Je remercie ceux qui auront eu le courage de me lire. C'était assez fun de revenir sur ce questionnaire. Par contre, j'ai la flemme de me relire donc pardon pour les fautes éventuelles !
vendredi 21 mai 2010
Crise existransielle
Au bout d'un moment, à force de piétiner, on finit par gravement
s'impatienter. Et quand on s'impatiente on cogite, ce qui n'est pas
forcément bon.
Depuis quelques jours, j'ai le moral en berne, chose qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Bilan, j'ai du mal à bosser et le retard que je prends influe sur mon moral également.
Je ne doute pas de mon parcours mais je commence à avoir sérieusement peur. Peur d'être déçu du résultat, de ne jamais parvenir à un passing convainquant, malgré les hormones et la mastectomie à venir.
J'ai le nom de ma future endoc et, a priori, de ma future chirurgienne. Je commence à envisager des solutions financières concrètes et je crois qu'à trop ronger mon frein mon esprit se perd de nouveau dans les nébuleuses circonvolutions de Monsieur Noir, mon vieux compagnon de route, le chantre de ma dépression.
Pourtant il faut avancer, et sourire ! Quel psy donnerait une attestation à un corbeau ? Je crois que j'ai besoin d'une vraie pause sur tout, besoin de vacances, besoin de respirer. Je n'en ai pas encore le droit, pas avant ce week-end de réunion familiale qui m'oppresse déjà, pas avant mon rendez-vous psy de mardi où je vais demander mon attestation.
Je suis vraiment fatigué de tout ça, fatigué de me prendre la tête sur mon futur, fatigué que rien n'arrive à m'apaiser, fatigué de croiser mon reflet dans le miroir, celui-là, je ne le supporte vraiment plus.
Depuis quelques jours, j'ai le moral en berne, chose qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Bilan, j'ai du mal à bosser et le retard que je prends influe sur mon moral également.
Je ne doute pas de mon parcours mais je commence à avoir sérieusement peur. Peur d'être déçu du résultat, de ne jamais parvenir à un passing convainquant, malgré les hormones et la mastectomie à venir.
J'ai le nom de ma future endoc et, a priori, de ma future chirurgienne. Je commence à envisager des solutions financières concrètes et je crois qu'à trop ronger mon frein mon esprit se perd de nouveau dans les nébuleuses circonvolutions de Monsieur Noir, mon vieux compagnon de route, le chantre de ma dépression.
Pourtant il faut avancer, et sourire ! Quel psy donnerait une attestation à un corbeau ? Je crois que j'ai besoin d'une vraie pause sur tout, besoin de vacances, besoin de respirer. Je n'en ai pas encore le droit, pas avant ce week-end de réunion familiale qui m'oppresse déjà, pas avant mon rendez-vous psy de mardi où je vais demander mon attestation.
Je suis vraiment fatigué de tout ça, fatigué de me prendre la tête sur mon futur, fatigué que rien n'arrive à m'apaiser, fatigué de croiser mon reflet dans le miroir, celui-là, je ne le supporte vraiment plus.
mercredi 19 mai 2010
Back to Black
Chez moi, les résolutions s'accordent aux coupes et couleurs de cheveux, et les réalisations de piercings.
La résolution de prendre mon psy en otage jusqu'à ce qu'il me donne l'attestation s'assortit donc un beau noir capillaire.
Retour au noir donc, back to black, mais c'est un noir flamboyant, un noir satiné qui s'irise de couleurs selon la lumière. Je suis heureux et frustré à la fois. Heureux car pour la première fois de ma vie, j'entrevois un meilleur. Ce meilleur ailleurs, le "mailleurs" que j'envisageais jadis, à quelques lettres à peine de "malheur" n'existe plus.
Ce meilleur, c'est maintenant, et ici, et je sais à présent qu'il ne peut en être autrement.
C'est là que la frustration survient, l'impression de piétiner. Le changement est proche et ce soir j'ai reçu le soutien de deux nouvelles personnes. Je sais que je ne serai plus jamais seul.
La résolution de prendre mon psy en otage jusqu'à ce qu'il me donne l'attestation s'assortit donc un beau noir capillaire.
Retour au noir donc, back to black, mais c'est un noir flamboyant, un noir satiné qui s'irise de couleurs selon la lumière. Je suis heureux et frustré à la fois. Heureux car pour la première fois de ma vie, j'entrevois un meilleur. Ce meilleur ailleurs, le "mailleurs" que j'envisageais jadis, à quelques lettres à peine de "malheur" n'existe plus.
Ce meilleur, c'est maintenant, et ici, et je sais à présent qu'il ne peut en être autrement.
C'est là que la frustration survient, l'impression de piétiner. Le changement est proche et ce soir j'ai reçu le soutien de deux nouvelles personnes. Je sais que je ne serai plus jamais seul.
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