Il y a un an, je décidais de ne plus penser à ma transition, de voir si c'était vraiment ça dont j'avais besoin.
Aujourd'hui,
ce questionnement ne m'apparaît plus du tout pertinent. J'ai bien fait
de prendre cette anée pour me poser et réfléchir, puisqu'aujourd'hui je
suis sûr de moi et impatient.
Mardi, j'ai assisté à une perm C'est
Pas mon Genre ! dédiée aux parents. Ma mère a pu vider son sac et hier
elle a utilisé le masculin.
J'ai également bientôt fait le tour de
mes CO, et ça c'est un bon point. Le reste de ma vie est dans un flou
abominable mais de ce côté là, je sais au moins où je vais.
Si tout se passe bien, je commence la testo début novembre, et je me fais opérer du torse en juin. Pour la suite, on verra ^^
lundi 27 septembre 2010
jeudi 26 août 2010
Le WAIS
WhAt IS this ?
Le WAIS est un test d'intelligence que j'ai passé (avec succès ?) le 19 août sur une durée d'environ 1h30.
Il s'agit d'une série de 11 tests portant sur plusieurs domaines : vocabulaire, logique, maths...
Je ne me souviens pas de tout mais voilà un peu les différents items :
- Une liste de mots à expliquer. Par exemple, on voit "Apologie" et il faut en donner le sens.
- Une grille avec une série de numéros : chaque numéros est associé à un symbole. Il faut donc remplir la case sous le numéro avec le bon symbole. Cela rappelle ces espèces de jeu que l'on pouvait faire enfant, ou il fallait déchiffrer un code secret ou chaque lettre correspondait à un symbole. (c'est chronométré)
- Une série d'images racontant une histoire est montrée dans le désordre. Il faut remettre l'histoire dans l'ordre logique correct (chronométré)
- Une série d'une dizaine de problèmes mathématiques à résoudre de tête. Par exemple, un champ fait 4500 m², sa largeur est de 50 m, quelle est sa longueur ? ( non chronométré)
- Des chiffres à répéter, avec une difficulté croissante. Par exemple le psy dit 6 8, il faut répéter 6 8. Au fil des énoncés, il y a de plus en plus de chiffres, jusqu'à 10 il m'a semblé, mais je me suis gaufré sur cette épreuve et la précédente.
- Le même exercice que précédemment, mais il faut répéter la suite à l'envers. Si le psy dit 5 6 8 9, il faut dire 9 8 6 5 (et plantage de ma part ^^)
- Un exercice de logique où il faut trouver la forme manquant dans une série de formes. Par exemple, en simplifié, on a ça : "O o O o O ?" donc la solution est "o" (je ne sais pas si c'est clair)
- Un exercice avec des cubes rouges et blancs. Certaines faces sont blanches, d'autres rouges, d'autres coupées dans la diagonale et bicolores. Il faut les mettre en place de façon à reproduite un schéma papier (chronométré)
- Une série de questions de culture générale, du genre "Qui a écrit Hamlet ? "
- Un exercice où deux mots sot associés, par exemple laine et soie, et il faut dire en quoi ces mots sont liés (là par exemple, ce sont des tissus d'origine animale) Il vaut mieux dire le plus simplement possible ce qui nous passe par la tête pour répondre. (du moins, ça a été mon ressenti)
- Un exercice où il faut expliquer des énoncés. Par exemple "pourquoi envoie-ton les enfants à l'école ?" ou "pourquoi la monnaie a-t-elle supplanté le troc ?"
- Une liste de mots à expliquer. Par exemple, on voit "Apologie" et il faut en donner le sens.
- Une grille avec une série de numéros : chaque numéros est associé à un symbole. Il faut donc remplir la case sous le numéro avec le bon symbole. Cela rappelle ces espèces de jeu que l'on pouvait faire enfant, ou il fallait déchiffrer un code secret ou chaque lettre correspondait à un symbole. (c'est chronométré)
- Une série d'images racontant une histoire est montrée dans le désordre. Il faut remettre l'histoire dans l'ordre logique correct (chronométré)
- Une série d'une dizaine de problèmes mathématiques à résoudre de tête. Par exemple, un champ fait 4500 m², sa largeur est de 50 m, quelle est sa longueur ? ( non chronométré)
- Des chiffres à répéter, avec une difficulté croissante. Par exemple le psy dit 6 8, il faut répéter 6 8. Au fil des énoncés, il y a de plus en plus de chiffres, jusqu'à 10 il m'a semblé, mais je me suis gaufré sur cette épreuve et la précédente.
- Le même exercice que précédemment, mais il faut répéter la suite à l'envers. Si le psy dit 5 6 8 9, il faut dire 9 8 6 5 (et plantage de ma part ^^)
- Un exercice de logique où il faut trouver la forme manquant dans une série de formes. Par exemple, en simplifié, on a ça : "O o O o O ?" donc la solution est "o" (je ne sais pas si c'est clair)
- Un exercice avec des cubes rouges et blancs. Certaines faces sont blanches, d'autres rouges, d'autres coupées dans la diagonale et bicolores. Il faut les mettre en place de façon à reproduite un schéma papier (chronométré)
- Une série de questions de culture générale, du genre "Qui a écrit Hamlet ? "
- Un exercice où deux mots sot associés, par exemple laine et soie, et il faut dire en quoi ces mots sont liés (là par exemple, ce sont des tissus d'origine animale) Il vaut mieux dire le plus simplement possible ce qui nous passe par la tête pour répondre. (du moins, ça a été mon ressenti)
- Un exercice où il faut expliquer des énoncés. Par exemple "pourquoi envoie-ton les enfants à l'école ?" ou "pourquoi la monnaie a-t-elle supplanté le troc ?"
Voici
un aperçu, donc, de ce que j'ai passé. Je le poste surtout pour que
ceux qui ont à passer ce test soient mieux préparés à le faire, non pas
pour savoir les réponses à l'avances, mais pour savoir à quoi s'en
tenir. Je sais que pour la plupart d'entre nous tous ces rdv psy peuvent
devenir éprouvants, toujours cernés par cette angoisse du jugement d'un
personnel médical censé en 2h déterminer ce que sera le sens de notre
vie entière.
Il
n'y a pas de quoi s'emballer avec le WAIS. La difficulté est
progressive et il y a vraiment des questions très simples. Pour chaque
partie, la difficulté est croissante. Généralement, j'ai le sentiment
qu'on peu s'équilibrer sur le test. Ce n'est pas grave d'être mauvais
dans un domaine (les maths dans mon cas) donc ne stressez pas si vous
devez le passer. ;)
mercredi 11 août 2010
Du psychiatre au psychologue
Je n'ai pas posté ces derniers temps. Il faut dire que je suis
passablement débordé et que je ne prends pas le temps. J'ai pourtant
plein de choses à raconter mais fragmentons tout cela au risque de vous
infliger un pavé indigeste.
Aujourd'hui, j'ai choisi de parler de psychologue. Pour rappel, mon psychiatre veut, avant de me donner l'attestation, que je passe une batterie de test à savoir le MMPI, le Rorschach et le WAIS. Il m'a conseillé un collègue que je suis allé voir, étant donné que le rendez-vous était rapide, en CMP donc gratuit, et que le psychiatre a confiance en ces résultats.
J'ai donc déjà eu deux entretiens à une semaine d'intervalle, de 45 mn chacun environ. Le psy, que je vais appeler Monsieur A. est un homme d'une cinquantaine d'années, assez féminin et sympathique malgré un fait que je vais exposer par la suite.
Ces entretiens ont pour but de mieux me connaître afin que les tests aient un sens. Malheureusement pour moi, mes entretiens se font en il/elle, oui, les deux il/elle. Il s'agit de quelqu'un qui s'est pas mal interrogé sur le genre, qui dissocie féminité/masculinité de l'état d'homme ou de femme, tout comme il les distingue de l'orientation sexuelle. Une évidence ? Pas pour tous les professionnels de santé, malheureusement.
Néanmoins, ses conclusions pour le moment sont que je suis juste quelqu'un de mal das son corps et il voudrait que je prenne davantage de temps pour poser ma réflexion. Il a peut-être raison, mais il y a déjà plusieurs mois que je suis convaincu, point que je détaillerai dans un prochain article.
Son rôle actuel n'est "que" de me faire passer les tests. Il ne me fera pas passer le MMPI,parce qu'il ne le juge pas nécessaire et n'a pas les moyens de me le faire passer. Par contre, j'ai rendez-vous jeudi 19 pour le WAIS, et je ferai plus tard le Rorschach.
En premier lieu, ses conclusions m'ont fait paniquer puis je me suis souvenu du psychiatre qui semblait prêt à me donner l'attestation. J'espère que les conclusions de monsieur A. ne lui feront pas changer d'avis.
Ce conclusions, il a l'air de les tenir du fait que je me serve de mon corps dans sa totalité et que je sois capable d'avoir des relations sexuelles tout à fait satisfaisantes. J'ai eu beau lui expliquer la difficulté et la patience qu'a eu mon compagnon pour en arriver là, il reste braqué sur le fait que je ne veux pas de phallo et que ma peur de cette opération existe car j'ai encore peur de modifier mon corps. il semble craindre que je ne m'aime pas plus au masculin. Ce qui est possible mais je suis quelqu'un de complexe et ce qui ne me rend pas heureux à l'heure actuelle n'est pas que lié à mon corps. Et oui, j'ai le tort d'avoir un cerveau et d'être davantage inquiété parle monde de l'emploi précaire, la situation des SDF, des prostituées, la pollution, la condition animale...
Si je suis amené à devoir recommencer ce parcours psy ailleurs, je hurlerai à qui veut l'entendre que je veux une grosse bite et devenir joueur de foot professionnel, ça sera peut-être plus simple.
Aujourd'hui, j'ai choisi de parler de psychologue. Pour rappel, mon psychiatre veut, avant de me donner l'attestation, que je passe une batterie de test à savoir le MMPI, le Rorschach et le WAIS. Il m'a conseillé un collègue que je suis allé voir, étant donné que le rendez-vous était rapide, en CMP donc gratuit, et que le psychiatre a confiance en ces résultats.
J'ai donc déjà eu deux entretiens à une semaine d'intervalle, de 45 mn chacun environ. Le psy, que je vais appeler Monsieur A. est un homme d'une cinquantaine d'années, assez féminin et sympathique malgré un fait que je vais exposer par la suite.
Ces entretiens ont pour but de mieux me connaître afin que les tests aient un sens. Malheureusement pour moi, mes entretiens se font en il/elle, oui, les deux il/elle. Il s'agit de quelqu'un qui s'est pas mal interrogé sur le genre, qui dissocie féminité/masculinité de l'état d'homme ou de femme, tout comme il les distingue de l'orientation sexuelle. Une évidence ? Pas pour tous les professionnels de santé, malheureusement.
Néanmoins, ses conclusions pour le moment sont que je suis juste quelqu'un de mal das son corps et il voudrait que je prenne davantage de temps pour poser ma réflexion. Il a peut-être raison, mais il y a déjà plusieurs mois que je suis convaincu, point que je détaillerai dans un prochain article.
Son rôle actuel n'est "que" de me faire passer les tests. Il ne me fera pas passer le MMPI,parce qu'il ne le juge pas nécessaire et n'a pas les moyens de me le faire passer. Par contre, j'ai rendez-vous jeudi 19 pour le WAIS, et je ferai plus tard le Rorschach.
En premier lieu, ses conclusions m'ont fait paniquer puis je me suis souvenu du psychiatre qui semblait prêt à me donner l'attestation. J'espère que les conclusions de monsieur A. ne lui feront pas changer d'avis.
Ce conclusions, il a l'air de les tenir du fait que je me serve de mon corps dans sa totalité et que je sois capable d'avoir des relations sexuelles tout à fait satisfaisantes. J'ai eu beau lui expliquer la difficulté et la patience qu'a eu mon compagnon pour en arriver là, il reste braqué sur le fait que je ne veux pas de phallo et que ma peur de cette opération existe car j'ai encore peur de modifier mon corps. il semble craindre que je ne m'aime pas plus au masculin. Ce qui est possible mais je suis quelqu'un de complexe et ce qui ne me rend pas heureux à l'heure actuelle n'est pas que lié à mon corps. Et oui, j'ai le tort d'avoir un cerveau et d'être davantage inquiété parle monde de l'emploi précaire, la situation des SDF, des prostituées, la pollution, la condition animale...
Si je suis amené à devoir recommencer ce parcours psy ailleurs, je hurlerai à qui veut l'entendre que je veux une grosse bite et devenir joueur de foot professionnel, ça sera peut-être plus simple.
dimanche 4 juillet 2010
RDV avec le nouveau psy
Bon, je n'ai pas pris le temps d'écrire d'article hier, vous m'en
voyez navrés. Le fait est que je n'en ai pas eu le temps vendredi,
rentrant chez moi à plus de minuit, et qu'hier j'ai eu fort à faire avec
un coming-out auprès d'une amie de longue date.
Ce coming-out s'est très bien déroulé, avec simplicité. De la surprise, certes, mais surtout une acceptation tacite, allant de soi, le masculin employé immédiatement. D'ordinaire, les conversations se poursuivent des heures sur le sujet, là, non. Nous sommes passés à autre chose, y revenant juste parfois, sur un détail ou l'autre. C'était très reposant et je regrette profondément de ne pas avoir davantage vu cette amie cette année, à présent qu'elle déménage à l'autre out de la France.
J'ai également appris vendredi que ma mère m'avait outé auprès de ma tante... et le voilà le coming-out que j'attendais fatalement, celui qui se passe mal. J'ai beau tenté de relativiser, l réaction de ma tante, soeur de ma mère qui lui a annoncé, m'affecte plus que je ne le voudrais.
En effet, enfant j'avais l'habitude de passer de longues vacances chez elle et pour elle, je ne suis pas trans, il n'y a aucun indice ayant pu l'annoncer (pour l'anecdote, elle a été prof de maternelle pendant des années et a l'habitude des enfants) Elle pense que cette annonce cache autre chose, un malaise, et que je devrais suivre une psychothérapie. il va falloir que j'aille la voir pour lui parler mais dans ma fragilité actuelle, j'ai peur de ne pas être en mesure de le faire sans pleurer, ce qui ne servira certainement pas ma cause.
Ces deux CO présentés, j'en viens à mon rendez-vous avec le docteur MM. de VA.
Je suis donc resté pratiquement 1h30 en entretien. J'ai eu le plaisir de rencontrer quelqu'un de sympathique, apte à mettre à l'aise. Quelqu'un qui ne comprend pas pourquoi les trans doivent aller voir un psychiatre puisque pour lui cela n'a rien d'une maladie, cele lui semble aussi aberrant que d'envoyer un homo chez le psy.
Bon point de départ donc.
La séance s'est donc déroulée ainsi. D'abord, parler de la pluie et du (trop) beau temps, puis il a rempli une fiche sur mes informations persos : nom, prénoms, âge, situation familiale, formation/études, ce que font mes parents, mes grands-parents, oui si l'un d'eux est décédé (ce qui est le cas de tous mes grands-parents)
Il m'a demandé mon nom choisi, que j'ai précisé et qu'il a employé, ainsi que le masculin sans une seule erreur.
Ensuite, il m'a demandé de parlé de ma vie. Je lui ai donc raconté mon enfance banale de petite fille, puis mon adolescence horrible, et enfin ma vie de jeune adulte à ma fac. Nous avons parlé longtemps de mon parcours universitaire.
Puis nous avons parlé de ma situation de couple. Je savais que dire que je vis avec un homme était risqué mais je ne pouvais pas mentir, surtout sur ce fait. J'aime passionnément mon copain et nier son existence aurait été pour moi une forme de trahison. Grand bien m'en a pris ! Ce psy n'en a rien à faire que je sois gay. enfin quelqu'un qui distingue identité de genre et orientation sexuelle !
De toute façon, par rapport à mon vécu le fait que je sois gay ne paraît pas incohérent. Je ne l'ai pas choisi, c'est comme ça. C'est ce qui m'a fait prendre tardivement conscience de ce qui se passait en moi.
Cet entretien s'est également ponctué de notes amusantes, de type recherche internet sur les trans vus par la religion catholique. C'était vraimet un moment interactif très agréable, avec le sentiment d'être écouté et surtout compris !
Vers la fin de l'entretien, il m'a expliqué comment il procède. Il nous demande donc de faire des tests psy, à savoir le WAIS (test d'intelligence), le MMPI et le Rorsarch (tests de personnalité) C'est une façon pour lui de se protéger en cas de problème pendant la transition et j'estime qu'il a raison. Cela élimine les risques de maladies psychiatriques pouvant biaiser notre jugement. En tout cas, cela ne me dérange pas de les faire.
Il se base donc sur les entretiens et ces tests pour donner l'attestation. Il y a donc ce premier entretien, les tests à passer, puis un second entretient où il se décide. Il a estimé qu'au vu de mon parcours, de mon ressenti, j'étais un bon candidat à l'attestation et que s'il ne s'en tenait pas fermement à son protocole, il me l'aurait déjà donné.
J'ai donc vraiment eu l'impression d'avoir à faire à quelqu'un soucieux de nous aider. d'ailleurs, il a constitué tout un dossier sur les trans, a passé des coups de fils à plusieurs endoc, ainsi qu'à la clinique de Gand/Gent. Donc, il conseille d'ailleurs voir un ou une endoc sur Lille. Il conseillait auparavant le docteur L. mais suite au passage du responsable de l'assos trans du coin, il est revenu sur ce point et suggère d'aller voir UNE endoc (qui est le docteur S. à n'en pas douter, celle que je veux voir, qui a son cabinet au bout de ma rue et qui a l'habitude des trans)
Ensuite il conseille la clinique de Gand/Gent pour la Belgique, car ils ont l'habitude de faire de nombreuses opérations et que donc à son sens ils sont fiables. Pour l'hysté, enfin, il rappelle qu'un chirurgien de Lille a l'habitude d'en faire.
Il a conclue en me conseillant de prendre une ALD 30 à 100%
Ces derniers points sont importants à mes yeux, ils dénotent d'un état d'esprit bien trop rares chez les psychiatres. Il a eu le souci de se renseigner le plus possible, pour nous conseiller au mieux, nous considère comme ce que nous sommes : des gens normaux. Si seulement il n'était pas l'un des rares à faire cela, je crois que la situation des trans en France s'améliorerait.
Ce coming-out s'est très bien déroulé, avec simplicité. De la surprise, certes, mais surtout une acceptation tacite, allant de soi, le masculin employé immédiatement. D'ordinaire, les conversations se poursuivent des heures sur le sujet, là, non. Nous sommes passés à autre chose, y revenant juste parfois, sur un détail ou l'autre. C'était très reposant et je regrette profondément de ne pas avoir davantage vu cette amie cette année, à présent qu'elle déménage à l'autre out de la France.
J'ai également appris vendredi que ma mère m'avait outé auprès de ma tante... et le voilà le coming-out que j'attendais fatalement, celui qui se passe mal. J'ai beau tenté de relativiser, l réaction de ma tante, soeur de ma mère qui lui a annoncé, m'affecte plus que je ne le voudrais.
En effet, enfant j'avais l'habitude de passer de longues vacances chez elle et pour elle, je ne suis pas trans, il n'y a aucun indice ayant pu l'annoncer (pour l'anecdote, elle a été prof de maternelle pendant des années et a l'habitude des enfants) Elle pense que cette annonce cache autre chose, un malaise, et que je devrais suivre une psychothérapie. il va falloir que j'aille la voir pour lui parler mais dans ma fragilité actuelle, j'ai peur de ne pas être en mesure de le faire sans pleurer, ce qui ne servira certainement pas ma cause.
Ces deux CO présentés, j'en viens à mon rendez-vous avec le docteur MM. de VA.
Je suis donc resté pratiquement 1h30 en entretien. J'ai eu le plaisir de rencontrer quelqu'un de sympathique, apte à mettre à l'aise. Quelqu'un qui ne comprend pas pourquoi les trans doivent aller voir un psychiatre puisque pour lui cela n'a rien d'une maladie, cele lui semble aussi aberrant que d'envoyer un homo chez le psy.
Bon point de départ donc.
La séance s'est donc déroulée ainsi. D'abord, parler de la pluie et du (trop) beau temps, puis il a rempli une fiche sur mes informations persos : nom, prénoms, âge, situation familiale, formation/études, ce que font mes parents, mes grands-parents, oui si l'un d'eux est décédé (ce qui est le cas de tous mes grands-parents)
Il m'a demandé mon nom choisi, que j'ai précisé et qu'il a employé, ainsi que le masculin sans une seule erreur.
Ensuite, il m'a demandé de parlé de ma vie. Je lui ai donc raconté mon enfance banale de petite fille, puis mon adolescence horrible, et enfin ma vie de jeune adulte à ma fac. Nous avons parlé longtemps de mon parcours universitaire.
Puis nous avons parlé de ma situation de couple. Je savais que dire que je vis avec un homme était risqué mais je ne pouvais pas mentir, surtout sur ce fait. J'aime passionnément mon copain et nier son existence aurait été pour moi une forme de trahison. Grand bien m'en a pris ! Ce psy n'en a rien à faire que je sois gay. enfin quelqu'un qui distingue identité de genre et orientation sexuelle !
De toute façon, par rapport à mon vécu le fait que je sois gay ne paraît pas incohérent. Je ne l'ai pas choisi, c'est comme ça. C'est ce qui m'a fait prendre tardivement conscience de ce qui se passait en moi.
Cet entretien s'est également ponctué de notes amusantes, de type recherche internet sur les trans vus par la religion catholique. C'était vraimet un moment interactif très agréable, avec le sentiment d'être écouté et surtout compris !
Vers la fin de l'entretien, il m'a expliqué comment il procède. Il nous demande donc de faire des tests psy, à savoir le WAIS (test d'intelligence), le MMPI et le Rorsarch (tests de personnalité) C'est une façon pour lui de se protéger en cas de problème pendant la transition et j'estime qu'il a raison. Cela élimine les risques de maladies psychiatriques pouvant biaiser notre jugement. En tout cas, cela ne me dérange pas de les faire.
Il se base donc sur les entretiens et ces tests pour donner l'attestation. Il y a donc ce premier entretien, les tests à passer, puis un second entretient où il se décide. Il a estimé qu'au vu de mon parcours, de mon ressenti, j'étais un bon candidat à l'attestation et que s'il ne s'en tenait pas fermement à son protocole, il me l'aurait déjà donné.
J'ai donc vraiment eu l'impression d'avoir à faire à quelqu'un soucieux de nous aider. d'ailleurs, il a constitué tout un dossier sur les trans, a passé des coups de fils à plusieurs endoc, ainsi qu'à la clinique de Gand/Gent. Donc, il conseille d'ailleurs voir un ou une endoc sur Lille. Il conseillait auparavant le docteur L. mais suite au passage du responsable de l'assos trans du coin, il est revenu sur ce point et suggère d'aller voir UNE endoc (qui est le docteur S. à n'en pas douter, celle que je veux voir, qui a son cabinet au bout de ma rue et qui a l'habitude des trans)
Ensuite il conseille la clinique de Gand/Gent pour la Belgique, car ils ont l'habitude de faire de nombreuses opérations et que donc à son sens ils sont fiables. Pour l'hysté, enfin, il rappelle qu'un chirurgien de Lille a l'habitude d'en faire.
Il a conclue en me conseillant de prendre une ALD 30 à 100%
Ces derniers points sont importants à mes yeux, ils dénotent d'un état d'esprit bien trop rares chez les psychiatres. Il a eu le souci de se renseigner le plus possible, pour nous conseiller au mieux, nous considère comme ce que nous sommes : des gens normaux. Si seulement il n'était pas l'un des rares à faire cela, je crois que la situation des trans en France s'améliorerait.
vendredi 2 juillet 2010
The Importance of being Earnest.
Voilà un titre bien pompeux, une fois de plus, mais j'aime bien me la péter et d'abord c'est mon blog, je fais ce que je veux.
Il s'agit du titre d'une pièce d'Oscar Wilde, expert en jeu de mots foireux puisque le héros de la pièce s'appelle Ernest et son honnêteté, sa sincérité même, est mis à rude épreuve.
Moi aussi j'abuse du double sens approximatif et rappelle ici qu'Oscar Wilde était gay. Où je veux en venir ? Ce soir a lieu un rendez-vous avec un nouveau psy. Bien que j'en aie entendu de très bons échos, j'appréhende énormément.
En début de parcours, je souhaitais être honnête du début à la fin, évoquer mon attirance profonde pour les hommes mais aujourd'hui je me ravise. Cela m'arrache le coeur de devoir mentir, "renier" mon compagnon, même si cela ne doit être que pour une heure. Je ne sais si c'est ma fierté ou mon amour pour lui qui parle...oui si simplement je suis las de mentir.
Je me suis menti à moi-même si longtemps, je mens à tellement de gens aujourd'hui sur qui je suis réellement que je n'en peux plus. J'ai toujours revendiqué d'être quelqu'un de sincère et aujourd'hui je dois mettre de côté mes convictions.
Bon sang, pourquoi ai-je à cacher que je suis gay ? En quoi cela ne ferait pas de moi un homme ?
Tâchons de ne pas nous emballer avant l'entretien et rendez-vous ce soir ou demain pour un résumé.
Il s'agit du titre d'une pièce d'Oscar Wilde, expert en jeu de mots foireux puisque le héros de la pièce s'appelle Ernest et son honnêteté, sa sincérité même, est mis à rude épreuve.
Moi aussi j'abuse du double sens approximatif et rappelle ici qu'Oscar Wilde était gay. Où je veux en venir ? Ce soir a lieu un rendez-vous avec un nouveau psy. Bien que j'en aie entendu de très bons échos, j'appréhende énormément.
En début de parcours, je souhaitais être honnête du début à la fin, évoquer mon attirance profonde pour les hommes mais aujourd'hui je me ravise. Cela m'arrache le coeur de devoir mentir, "renier" mon compagnon, même si cela ne doit être que pour une heure. Je ne sais si c'est ma fierté ou mon amour pour lui qui parle...oui si simplement je suis las de mentir.
Je me suis menti à moi-même si longtemps, je mens à tellement de gens aujourd'hui sur qui je suis réellement que je n'en peux plus. J'ai toujours revendiqué d'être quelqu'un de sincère et aujourd'hui je dois mettre de côté mes convictions.
Bon sang, pourquoi ai-je à cacher que je suis gay ? En quoi cela ne ferait pas de moi un homme ?
Tâchons de ne pas nous emballer avant l'entretien et rendez-vous ce soir ou demain pour un résumé.
vendredi 11 juin 2010
Fin d'une aventure psy pas chédélique
Mon dernier rendez-vous psy s'est conclu sur un vif sentiment d'amertume.
J'ai réclamé mon attestation et ai dû essuyé un refus.
Les raisons sont doubles : je ne serai soi-disant pas prêt et la lecture d'études vieilles de vingt ans ont fait flippé mon psy.
Les-dites études diraient que les trans deviennent cinglés au bout de quelques années de traitement... On se demande bien d'où ça sort ce truc, il faudrait que je lui présente des gens bien dans leurs pompes !
Concernant le fait que je ne suis pas prêt... Cela ressemble à de la transphobie sourde : C'est amusant une fille qui se dit garçon, ça prête à sourire, non ? Sauf que je suis un garçon, ce n'est pas ma faute et je ne l'ai pas choisi. il m'a suggéré de vivre comme certains ados, de façon androgyne.
J'ai déjà joué l'androgyne quand je vivais en femme. C'était costard, talons aiguilles et maquillage. Ce qui se passe dans mon esprit, ce qui a enfin été mis en lumière est totalement différent, mais ça, il n'a pas semblé le percevoir. Pire, cela lui semble aberrant que j'aime les hommes.
J'ai décidé que j'avais assez donné avec ce psy et je change. J'ai un rendez-vous le 2 juillet avec le docteur M de Valenciennes. Je l'ai appelé hier et ai eu à faire à quelqu'un de très sympathique. J'espère à présent que tout se passera bien.
Face à l'imminence du traitement, j'ai peur. Peur de l'inconnu de ce que je vais vivre, de ne pas savoir comment je vais change, si j'en serai satisfait ou pire, si c'est bien cela que je recherche.
Pourtant... dès que je sors dans la rue, je veux qu'on me rende des regards masculins. Je jubile comme un gosse quand une petite dame me dit "pardon jeune homme". Je pense que ce qui me bloque et me fait flipper, c'est surtout que je veux me vivre androgyne, oui, mais androgyne homme mais que mon passing actuel ne me permet plus de le faire depuis des mois.
J'ai hâte d'être en position de force, de pouvoir dire "non, c'est monsieur" avec une voix grave quand quelqu'un se trompera de genre. J'ai hâte de prendre de la masse et de gratter ma barbe naissante. Je crois que partant de là, on peut estimer que je suis prêt.
J'ai réclamé mon attestation et ai dû essuyé un refus.
Les raisons sont doubles : je ne serai soi-disant pas prêt et la lecture d'études vieilles de vingt ans ont fait flippé mon psy.
Les-dites études diraient que les trans deviennent cinglés au bout de quelques années de traitement... On se demande bien d'où ça sort ce truc, il faudrait que je lui présente des gens bien dans leurs pompes !
Concernant le fait que je ne suis pas prêt... Cela ressemble à de la transphobie sourde : C'est amusant une fille qui se dit garçon, ça prête à sourire, non ? Sauf que je suis un garçon, ce n'est pas ma faute et je ne l'ai pas choisi. il m'a suggéré de vivre comme certains ados, de façon androgyne.
J'ai déjà joué l'androgyne quand je vivais en femme. C'était costard, talons aiguilles et maquillage. Ce qui se passe dans mon esprit, ce qui a enfin été mis en lumière est totalement différent, mais ça, il n'a pas semblé le percevoir. Pire, cela lui semble aberrant que j'aime les hommes.
J'ai décidé que j'avais assez donné avec ce psy et je change. J'ai un rendez-vous le 2 juillet avec le docteur M de Valenciennes. Je l'ai appelé hier et ai eu à faire à quelqu'un de très sympathique. J'espère à présent que tout se passera bien.
Face à l'imminence du traitement, j'ai peur. Peur de l'inconnu de ce que je vais vivre, de ne pas savoir comment je vais change, si j'en serai satisfait ou pire, si c'est bien cela que je recherche.
Pourtant... dès que je sors dans la rue, je veux qu'on me rende des regards masculins. Je jubile comme un gosse quand une petite dame me dit "pardon jeune homme". Je pense que ce qui me bloque et me fait flipper, c'est surtout que je veux me vivre androgyne, oui, mais androgyne homme mais que mon passing actuel ne me permet plus de le faire depuis des mois.
J'ai hâte d'être en position de force, de pouvoir dire "non, c'est monsieur" avec une voix grave quand quelqu'un se trompera de genre. J'ai hâte de prendre de la masse et de gratter ma barbe naissante. Je crois que partant de là, on peut estimer que je suis prêt.
mercredi 2 juin 2010
Entrevue avec ma mère
Il y a quelques jours, j'ai lancé négligemment à ma mère de regarder le reportage sur les trans qui va passer demain sur nrj12.
Finalement, ne connaissant pas son contenu, je préfère qu'elle ne le fasse pas, du moins, pas sans moi et je ne pourrais pas être là.
Néanmoins, ayant une réelle opportunité pour avoir mon attestation, les choses vont s'accélérer et il faut à tout prix que je me pose avec elle pour lui en parler, qu'elle se prépare à ce qui va suivre.
Je tente de planifier ça rapidement, peut-être demain en journée si j'arrive à me déplacer, sinon, ce sera lundi.
J'aimerais tant qu'elle soit là pour moi le jour où j'aurais mon injection, ne serait-ce qu'au téléphone. J'aimerais tant qu'elle se réjouisse pour moi, comme le feront mes amis.
Aujourd'hui, je me suis habillé en fille pour tester et j'ai mesurer à quel point c'était le poids des autres, de la société, qui m'empêchait depuis toujours de franchir le pas.
Je suis prêt. Reste à ce que mon entourage le soit aussi, ou du moins, ne se fasse pas trop bousculer par tout ceci.
Finalement, ne connaissant pas son contenu, je préfère qu'elle ne le fasse pas, du moins, pas sans moi et je ne pourrais pas être là.
Néanmoins, ayant une réelle opportunité pour avoir mon attestation, les choses vont s'accélérer et il faut à tout prix que je me pose avec elle pour lui en parler, qu'elle se prépare à ce qui va suivre.
Je tente de planifier ça rapidement, peut-être demain en journée si j'arrive à me déplacer, sinon, ce sera lundi.
J'aimerais tant qu'elle soit là pour moi le jour où j'aurais mon injection, ne serait-ce qu'au téléphone. J'aimerais tant qu'elle se réjouisse pour moi, comme le feront mes amis.
Aujourd'hui, je me suis habillé en fille pour tester et j'ai mesurer à quel point c'était le poids des autres, de la société, qui m'empêchait depuis toujours de franchir le pas.
Je suis prêt. Reste à ce que mon entourage le soit aussi, ou du moins, ne se fasse pas trop bousculer par tout ceci.
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